Plan de soutien aux PME : Encore des milliards, et aux mêmes07/10/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/10/une2149.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Plan de soutien aux PME : Encore des milliards, et aux mêmes

Sarkozy a annoncé le 5 octobre un plan de soutien aux PME fragilisées par la crise économique, ajoutant qu'il faudrait même arrêter « de prêter de l'argent aux entreprises qui n'en ont pas besoin »... Il n'a quand même pas été jusqu'à dire que les centaines de milliards prêtés ou donnés aux banques et aux industriels auraient pu être mieux utilisés.

Deux milliards d'euros seraient donc mis dans un délai d'un mois à la disposition des PME et des entreprises intermédiaires par le FSI (Fonds stratégique d'investissement, créé début 2009 pour aider les entreprises en difficulté et doté de 20 milliards d'euros) et la banque publique de soutien aux PME, Oséo.

Sarkozy a aussi annoncé la prolongation de l'exonération de la totalité des charges patronales pendant un an dans les entreprises de moins de dix salariés, pour toute embauche au cours du premier semestre 2010. D'après lui, cette mesure aurait permis d'embaucher 500 000 salariés. C'est évidemment invérifiable et en tout cas cela n'a pas empêché les chiffres du chômage d'exploser.

À l'annonce de ces subventions, le Medef a déclaré que cela allait « dans le bons sens » car cela éviterait « de nombreuses défaillances d'entreprises ». Mais, sous couvert d'aider les PME, ce ne sont pas les toutes petites entreprises que le gouvernement va soutenir, celles de moins de cinq salariés, qui représentent 90 % des faillites actuelles. Non, ces deux milliards vont surtout aider des entreprises intermédiaires de plusieurs centaines de salariés, dont beaucoup sont des filiales de grands groupes industriels, celles qui dans le dispositif présenté par Sarkozy seront identifiées comme « viables » et « à fort potentiel de croissance ».

En fait, ce plan de soutien aux PME va dans le même sens que toute la politique menée par le gouvernement depuis le début de la crise, qui va en sens unique des caisses de l'État, que celui-ci s'efforce de remplir en pressurant toujours plus les petites gens, vers celles du patronat. C'est exactement ce que fera le budget 2010, qui annonce pour la majorité de la population de nouvelles mesures d'austérité, comme la hausse du forfait hospitalier qui passera le 1er janvier 2010 de 16 à 18 euros, et pour les patrons de nouveaux cadeaux, dont la suppression de la taxe professionnelle. Le journal Les Échos du 1er octobre évalue à 14,2 milliards le montant de ces baisses d'impôts, qui bénéficieront essentiellement aux entreprises.

Sur FR3, face à une journaliste qui lui disait que « les entreprises s'enrichissent quand les Français s'appauvrissent », Eric Woerth, le ministre du Budget, a dit ne pas comprendre cette opposition. Pour lui « le bateau France, c'est les entreprises et les ménages français », le ministre sous-entendant qu'en aidant les entreprises, on aiderait la population. Mais les salariés savent bien que, dans un bateau, il y a les premières classes et les autres, sans parler de ceux qui sont aux machines. Ils savent aussi que sur le bateau France dont parle Eric Woerth, comme sur le Titanic, le capitaine, en l'occurrence le gouvernement, est d'abord au service des passagers les plus riches.

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