Continental - Clairoix (Oise) : Toujours mobilisés13/05/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/05/une2128.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Continental - Clairoix (Oise) : Toujours mobilisés

Mardi 12 mai, une délégation de travailleurs de l'usine Continental de Clairoix était reçue à Hanovre en Allemagne par les représentants du groupe Continental en présence de Philippe Gustin, représentant pour le gouvernement.

À l'issue de cette première réunion avec la direction allemande du groupe, celle-ci acceptait de suspendre au minimum jusqu'au 16 juin la procédure des premiers 650 licenciements prévus avant la fermeture complète de l'usine pour mars 2010 et d'engager des négociations entre ceux de Clairoix et la direction en Allemagne en vue de la conclusion d'un accord. Les travailleurs, qui attendaient les résultats des discussions à plusieurs centaines devant l'usine à Clairoix, les ont accueillis avec enthousiasme.

C'est en effet pour eux la possibilité, grâce à ce délai supplémentaire, de continuer la lutte, tous les 1 120 ensemble, pour obtenir des garanties d'emplois et des garanties financières. C'est aussi une victoire morale.

En effet, même simplement pour obtenir cette réunion avec la direction de la multinationale, et pas seulement avec les sous-fifres représentant Continental France, les travailleurs ont dû maintenir la pression.

Ainsi le rendez-vous du 12 mai a été arraché lors d'une visite de plus de 500 travailleurs de l'usine de Clairoix à celle de Sarreguemines, dans l'Est. Le mercredi 6 mai, les ouvriers de Clairoix sont arrivés sans avoir annoncé à l'avance leur venue - ils avaient même annoncé pour brouiller les cartes une visite à l'usine d'Aix-la-Chapelle du groupe, qui de ce fait aurait vu sa production s'arrêter quelques heures. A peine entrés dans l'usine, ils apprirent que le directeur de l'usine de Sarreguemines et du groupe Continental France était en vacances en Turquie, et surtout que le second responsable de l'usine était parti précipitamment à la nouvelle de leur arrivée.

Les chefs de production, qui eux étaient restés, avaient la consigne de fermer toutes les issues, y compris les issues de secours : les travailleurs de Sarreguemines se trouvèrent ainsi enfermés dans leur usine. Mais cela n'empêcha pas les discussions nombreuses et chaleureuses, en particulier au changement d'équipe, les ouvriers mosellans expliquant qu'ils croulaient sous les heures supplémentaires et qu'ils subissaient toutes sortes de pressions, en particulier pour passer aux 4 x 8. Nombre d'entre eux savent que le patron veut « presser le citron » au maximum, pour finalement leur réserver le même sort qu'à Clairoix. D'ailleurs, le président du directoire de Continental, Neumann, a déclaré dans la presse qu'il comptait fermer deux autres usines en Europe, et les ouvriers mosellans savent qu'ils risquent fort d'être sur la liste. Aussi beaucoup décidèrent de ne pas rentrer travailler et la production tourna au ralenti durant tout l'après-midi. Finalement, après plusieurs heures d'occupation des lieux par les travailleurs de Continental, et divers coups de téléphone donnés au représentant du gouvernement pour obtenir la rencontre promise avec la direction allemande du groupe, le rendez-vous du 12 mai fut obtenu. Cette fois-là déjà, les travailleurs eurent le sentiment d'avoir remporté une petite victoire morale.

Mercredi 13 mai, une nouvelle assemblée générale devait se tenir, comme cela se fait tous les jours depuis que la direction a lock-outé l'usine, pour décider de la suite. Une chose est certaine : les travailleurs de Continental restent très mobilisés.

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