Risques industriels : Une prévention sur le papier04/03/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/03/une2118.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Risques industriels : Une prévention sur le papier

Alors que s'est ouvert, plus de sept ans après l'explosion de l'usine, le procès d'AZF, la sécurité des riverains d'usines classées à hauts risques n'est pas mieux assurée que la sécurité des salariés qui y travaillent.

Seuls cinq plans de prévention des risques technologiques ont été adoptés, sur 421 prévus, alors que la loi avait fixé l'échéance de juillet 2008. Ces plans, censés prendre en compte les intérêts des riverains d'usines à hauts risques, avaient été annoncés par Yves Cochet, ministre Vert de l'Environnement du gouvernement Jospin, une semaine après l'explosion, le 21 septembre 2001, de l'usine AZF. Mais le gouvernement de gauche ne trouva ensuite pas le temps de faire passer une loi au Parlement. La vie des milieux populaires qui habitent à proximité des usines avait été l'objet de « débats », de « forums », pour ouvrir les vannes à l'émotion suscitée par la catastrophe d'AZF, mais il n'y eut pas de mesure concrète.

En 2003, sous le gouvernement de Raffarin, une loi a fini par être votée. Bachelot, ministre de l'Écologie, annonça alors 421 plans de prévention regroupant 622 installations à risques dans quelque 500 communes. La lenteur des décrets d'application fut ensuite invoquée. Aujourd'hui, on nous explique qu'il faut encore attendre que les directions des entreprises concernées veuillent bien revoir leurs études de dangers. Or, nombre d'entre elles traînent des pieds pour établir ce document, qui doit désormais comporter des éléments de probabilité des accidents, des prévisions sur la vitesse de propagation d'une explosion par exemple, et une cartographie des zones à risques.

C'est aux patrons que la loi laisse le soin d'établir ces études et de prévoir quelles mesures ils doivent prendre pour la sécurité des salariés. Des inspecteurs des installations classées, en sous-effectif, exercent sur eux un contrôle souvent plus virtuel que réel. La sécurité du voisinage est donc, elle aussi, compromise.

Partager