Italie - Ça vient de sortir : La « grève virtuelle »... qui ne coûte qu'au travailleur !04/03/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/03/une2118.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie - Ça vient de sortir : La « grève virtuelle »... qui ne coûte qu'au travailleur !

Un nouveau projet de loi antigrève : c'est ce dont a accouché le Conseil des ministres italien le 27 février. En principe il ne concerne que le secteur des transports, mais il pourrait à terme en viser d'autres. Il prévoit ainsi des sanctions contre toute forme de protestation « pouvant léser la liberté de circulation ». Des amendes allant jusqu'à 5 000 euros frapperaient ainsi des travailleurs bloquant une autoroute ou une voie ferrée, ou même des routiers se livrant à une « opération escargot ».

Mais ce sont surtout les travailleurs des transports publics qui sont visés. Une loi est déjà en vigueur dans ce secteur, empêchant les grèves aux heures de pointe ou dans les périodes de départ en vacances. Mais désormais seules les organisations syndicales représentant plus de 50 % du personnel pourraient proclamer des grèves. Celles représentant plus de 20 % du personnel, mais moins de 50 %, le pourraient aussi, mais à condition que la grève soit soumise à un référendum préalable avec l'approbation d'au moins 30 % des travailleurs.

La mesure vise évidemment les grèves appelées par de petits syndicats minoritaires, contre l'avis des trois grandes confédérations syndicales CGIL, CISL et UIL. Elle est approuvée par les deux derniers et pas loin de l'être par le premier, qui est aussi le premier syndicat italien. Elle recoupe d'ailleurs des projets élaborés par les soi-disant « experts » en droit du travail du Parti Démocrate de centre-gauche.

C'est aussi un expert de ce genre qui a imaginé une autre mesure reprise par le gouvernement dans le même projet de loi : la « grève virtuelle ». Dans des secteurs touchant un service public essentiel, les grévistes devraient en fait continuer à travailler, afin de ne pas l'interrompre. Ils avertiraient seulement l'employeur qu'ils se considèrent en grève, de façon que le salaire correspondant soit versé à un prétendu « fonds de solidarité »... on ne sait pas avec qui.

La grève dont personne ne s'aperçoit et qui ne coûte qu'au travailleur : on ne manque pas d'imagination au gouvernement Berlusconi. Et on mérite un certain nombre de coups de pied qui ne se perdront pas toujours.

Partager