Continental-Schaeffler : Les travailleurs trinquent25/02/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/02/une2117.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Continental-Schaeffler : Les travailleurs trinquent

Il y a six mois le groupe Schaeffler, qui emploie 66 000 salariés et dont le chiffre d'affaires s'élevait en 2007 à 9 milliards d'euros, rachetait une partie des actions de l'équipementier automobile Continental, un groupe trois fois plus gros que lui. Maria-Elisabeth Schaeffler, dirigeante et propriétaire du groupe bavarois, a dû emprunter 16 milliards d'euros pour prendre le contrôle de Continental, un des grands sous-traitants automobiles, au 5e rang mondial, employant environ 150 000 salariés.

Suite à la crise qui a touché tout particulièrement le secteur automobile, les 49,9 % d'actions de Continental acquises par la famille Schaeffler grâce à diverses manoeuvres financières ont chuté. Du coup, la famille Schaeffler a des difficultés pour rembourser sa dette auprès des banques. Bien évidemment, pour trouver les 5 à 6 milliards qui lui manqueraient dans l'immédiat, elle a sollicité le gouvernement allemand en invoquant la soi-disant nécessité de sauver un « secteur-clé » de l'économie allemande, comme d'autres patrons l'ont fait.

Mais ce ne sont pas les actionnaires de Continental ni la famille Schaeffler qui ont quelque chose à craindre pour leur avenir. Leurs riches propriétés, leurs yachts, leurs tableaux de maître, bref tout ce qui fait la fortune personnelle des riches n'est pas menacé. Ni même d'ailleurs les revenus de leurs actions. Même si Continental a annoncé que son bénéfice d'exploitation serait en recul de 39 % au quatrième trimestre 2008 et qu'il ne serait pas distribué de dividendes cette année, les actionnaires en ont touché de très confortables, depuis vingt ans. Dans le même temps, la famille Schaeffler s'est considérablement enrichie.

Et tout ce profit a été tiré de l'exploitation accrue des travailleurs, ceux du groupe Schaeffler comme ceux travaillant pour Continental. Dans les usines Continental implantées en France par exemple, les cadences n'ont cessé d'augmenter. En janvier 2008, la direction de Continental a imposé de passer aux 40 heures avec les mêmes cadences et une perte de salaire à la clé. Quelque temps après avoir racheté l'usine Motorola située à Angers en 2007, elle a tout simplement décidé de la fermer, jetant 330 travailleurs à la rue.

Et depuis la crise ce sont encore les travailleurs qui paient. Toujours à Continental, pour la seule usine de Clairoix située près de Compiègne, les 200 intérimaires ont été licenciés il y a peu. Quant aux autres travailleurs, ils se sont retrouvés au chômage technique du 19 décembre au 1er janvier. Ils seront de nouveau au chômage durant la première semaine de mars, et peut-être encore en mai. Les salaires se retrouvent par conséquent amputés de 100, 200 euros, car la possibilité de prendre des congés est souvent épuisée.

Ces opérations de rachat et manoeuvres financières diverses peuvent plus ou moins bien réussir aux patrons qui en sont à l'initiative. Mais la note des « décisions risquées » qu'ils prennent, c'est au bout du compte toujours aux travailleurs qu'ils la présentent.

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