Le «pacte automobile» L'État s'engage à payer, les patrons ne s'engagent à rien11/02/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/02/une2115.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le «pacte automobile» L'État s'engage à payer, les patrons ne s'engagent à rien

Sarkozy a rendu public son « pacte automobile », d'un montant de 7,8 milliards d'euros.

Renault et PSA Peugeot Citroën vont toucher chacun trois milliards d'euros. Renault Trucks, filiale de Volvo, en recevra 500 millions. Les sous-traitants, qui ont déjà reçu une aide de 300 millions d'euros, en récupéreront 300 de plus. Mais ce n'est pas tout. Les deux groupes automobiles possèdent chacun une filiale de crédit, chargée de financer les ventes de voitures. Ces deux établissements bancaires, RCI Banque pour Renault et Banque PSA Finance, qui ont déjà reçu une aide d'un milliard d'euros pour faire face à la crise bancaire, auront droit à un milliard supplémentaire.

Officiellement, il ne s'agit que d'un prêt, pour une durée de cinq ans, au taux préférentiel de 6 %. Officiellement aussi, les patrons ont accepté la demande du gouvernement de ne pas fermer d'usine en France et « de tout faire pour éviter les licenciements ».

Ne pas faire de plan social en 2009 ne leur pose pas de problème... puisqu'ils ont pris les devants en 2008 : Renault supprime 6 000 emplois et Peugeot 3 550, au « volontariat », avec les pressions qui accompagnent ce genre de plan. D'ailleurs, pacte ou pas, Christian Streiff, PDG de PSA Peugeot Citroën, vient de préciser qu'il laisserait son plan « ouvert » aussi longtemps que nécessaire. Et arguant des mauvais résultats de Peugeot en 2008, il a annoncé le 11 février la suppression de 10 000 à 12 000 emplois supplémentaires dans l'ensemble du groupe.

Que le gouvernement soit actionnaire, comme chez Renault, ou pas, comme chez Peugeot, il ne s'immiscera pas dans la conduite de leurs affaires. Il a seulement demandé aux constructeurs de « modérer » les bonus des dirigeants et les dividendes distribués aux actionnaires.

Quant au chômage partiel, dont l'État se propose d'augmenter un peu l'indemnisation - 1,75 euro au lieu de 1,50 euro par heure chômée -, à supposer que cela se réalise, ce sera une ponction supplémentaire sur les fonds publics, alors que ce devrait être aux patrons de payer intégralement le chômage.

Voilà « l'engagement très important » que Sarkozy « salue » ! Les constructeurs dictent leurs conditions, et l'État paye !

Partager