Etats-Unis - Le plan économique d'Obama : Un plan de relance des profits et de guerre contre les travailleurs14/01/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/01/une2111.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Etats-Unis - Le plan économique d'Obama : Un plan de relance des profits et de guerre contre les travailleurs

Avant même son investiture le 20 janvier prochain, Barak Obama et son équipe de conseillers économiques sont engagés dans des tractations avec les membres du Congrès, démocrates et républicains, pour mettre au point un plan dit de relance qu'ils espèrent pouvoir faire adopter d'ici la mi-février.

Bien que les Démocrates soient majoritaires et à la Chambre des représentants et au Sénat, Barak Obama dit sa volonté de parvenir à un accord avec les Républicains, ce qui est un parfait alibi pour adopter des mesures dans la droite ligne de ce qu'a déjà fait... Bush ! Le plan n'est pas encore complètement bouclé, que les mesures dites sociales évoquées par Obama pendant sa campagne se réduisent comme peau de chagrin. Par exemple il est question de diminuer le coût du système de santé - tout en prétendant améliorer la qualité des soins, bien sûr - en informatisant les données médicales des patients. De l'argent est prévu pour cela, mais pas pour étendre la couverture maladie à ceux qui en sont dépourvus !

Le plan d'Obama est sans doute impressionnant par son montant, puisqu'il est question de 775 milliards de dollars, voire 1 000 milliards, plus que le plan Paulson de 700 milliards, voté il y a à peine trois mois. Mais il s'agit encore de déverser des centaines de milliards d'argent public dans les caisses des entreprises, en promettant que cela créera des emplois.

40 % du plan, soit quelque 300 milliards de dollars, seront consacrés à des réductions d'impôts pour les particuliers et pour les entreprises. Obama avait promis pendant sa campagne de diminuer de 1 000 dollars par famille l'impôt sur le revenu, à condition de gagner moins de 200 000 dollars par an. Même si cette limite n'est pas confirmée, il semble bien qu'Obama s'apprête à faire encore des cadeaux aux plus riches. Mais il va surtout offrir des exonérations fiscales aux entreprises, alors même qu'il avait critiqué les largesses de Bush pendant sa campagne. Il prétend maintenant que la crise n'est pas une bonne occasion pour supprimer les exonérations fiscales. Non seulement il n'envisage pas de mettre fin à celles octroyées par Bush, mais il en offre d'autres. Il paraît que c'est aussi pour faire plaisir aux Républicains.

Les entreprises vont pouvoir déduire de leurs impôts déjà payés ces cinq dernières années les pertes subies l'an dernier et celles qu'elles vont déclarer pour cette année. Inutile de dire que le fisc va devoir leur rendre pas mal d'argent. De plus les entreprises bénéficieront d'exonérations fiscales pour investissements. Enfin, elles recevront 3 000 dollars pour chaque emploi créé OU préservé. Autant dire que les entreprises pourront toucher les 3 000 dollars pour pratiquement tout travailleur employé : il suffira de dire que son emploi est ainsi sauvé !

En comptant comme cela, il n'est guère étonnant qu'Obama prétende que son plan permettra de créer OU de sauver jusqu'à 4,1 millions d'emplois. Il peut bien dire n'importe quoi. D'ailleurs l'estimation du nombre d'emplois potentiellement créés ou sauvés a doublé en quelques jours, sans que le plan ait été vraiment modifié ! C'est qu'entre-temps la publication des chiffres du chômage aux États-Unis pour le mois de décembre montrait qu'un demi-million d'emplois avaient disparu en un mois et presque deux millions ces quatre derniers mois. Obama tient à déclarer que les centaines de milliards de dollars de son plan sont justifiés par un impact appréciable sur l'emploi.

Obama ne s'engage pas à ce que l'État fédéral et les pouvoirs publics créent les emplois nécessaires. Il annonce même qu'ils ne créeront pas d'emplois. Dans son discours de présentation de son plan, le 8 janvier dernier, il a affirmé que " l'immense majorité des emplois créés le seront dans le secteur privé, tandis que le plan permettra de sauver dans le secteur public les emplois d'enseignants, de policiers, de pompiers et autres emplois vitaux ". En fait de " changement ", Obama propose de continuer de distribuer l'argent public aux entreprises privées sous le prétexte éculé de les inciter à créer des emplois. On connaît la chanson : elles prennent l'argent mais continuent à licencier, et ce sont les travailleurs qui paient deux fois la note !

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