Dans les écoles, le mouvement s'étend11/12/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/12/une2106.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Divers

Dans les écoles, le mouvement s'étend

La suppression programmée des Rased (Réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté), l'augmentation des effectifs, le non-accueil des enfants de moins de trois ans en maternelle, les nouveaux programmes, le non-remplacement d'enseignants absents, tout cela ne passe pas auprès des enseignants et des parents, et leur mobilisation se manifeste dans un certain nombre de régions, notamment à Lyon et à Marseille. Et si le ministre ne recule pas, elle risque de s'étendre et de se poursuivre.

Région lyonnaise

En région lyonnaise, après le succès de la grève du 20 novembre, des enseignants d'écoles primaires et maternelles ont décidé de poursuivre le mouvement pour faire céder le gouvernement.

Ce sont d'abord les enseignants de Vaulx-en-Velin qui ont fait grève les mardi 25 et jeudi 27 novembre. Puis le mouvement s'est étendu à Vénissieux, avec un rassemblement d'une centaine d'enseignants jeudi 27. Maintenant Villeurbanne, Décines et d'autres villes de banlieue s'organisent, et le mouvement fait tache d'huile. Des collectifs d'enseignants se sont ranimés et se réunissent pour organiser et coordonner des actions.

Pour l'instant, les principales actions sont des « nuits des écoles » : après la fin de la classe, les enseignants, les parents, les enfants restent dans l'école jusqu'à 21 h. Pendant que les enfants jouent, parents et enseignants s'installent sur les petits bureaux pour confectionner des affiches et des banderoles, créer des chansons, discuter des projets du ministre, dans une ambiance conviviale avec boissons et gâteaux. Les parents sont très impliqués : dans certaines écoles il y a eu jusqu'à 100 ou 200 parents présents. Ces « nuits des écoles » ont été nombreuses la semaine du 2 au 5 décembre, et elles vont encore se multiplier la semaine suivante.

Mais d'autres actions étaient prévues, plus publiques et regroupant les écoles et communes mobilisées : une action en plein centre de la « fête des lumières » le soir du lundi 8 décembre, une manifestation le lendemain après-midi, une autre mercredi soir 10 décembre, et des actions plus locales comme des occupations d'écoles, rassemblements, présence au Conseil municipal...

À Marseille

Jeudi 4 décembre, enseignants et parents d'élèves du primaire de certains quartiers de Marseille ont manifesté contre les réformes et les suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale.

Ce soir-là, les enseignants de plusieurs écoles primaires des quartiers populaires du centre de la ville et des quartiers nord avaient décidé d'inviter les parents d'élèves dans les locaux scolaires, pour discuter devant un goûter de la réforme de l'éducation du ministre Darcos. De nombreux parents y ont participé dans plusieurs écoles. Par exemple, dans une école maternelle de 125 élèves, 24 mères et 26 enfants se sont retrouvés.

Le syndicat enseignant SNUIPP et la fédération des parents d'élèves FCPE dans le primaire avaient appelé à ces réunions, et organisé ensuite un rassemblement devant l'école Leverrier, particulièrement mobilisée. Venus des quartiers populaires du centre et du nord, en métro, bus ou tramway, près d'un millier d'enseignants et parents se sont donc rassemblés et ont tenu une conférence de presse. Puis, vu la forte mobilisation, ils ont décidé de partir en manifestation vers le Vieux Port, sous la pluie mais à la lueur de lampions qui éclairaient les manifestants. Ce rassemblement vivant et déterminé s'est terminé vers 21 heures. Les manifestants ont voulu montrer à Darcos et au gouvernement qu'ils étaient décidés à contrer les mesures contre l'Éducation nationale, qui touchent plus particulièrement les écoles des quartiers populaires.

Une autre manifestation était prévue le mercredi 10 décembre, et une autre « veillée des écoles », le mardi 16.

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