Bientôt un milliard d'hommes sous-alimentés : La loi des affameurs11/12/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/12/une2106.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Bientôt un milliard d'hommes sous-alimentés : La loi des affameurs

Il aura été beaucoup question de la faim dans le monde les 8 et 9 décembre. D'une part la FAO, organisme dépendant des Nations unies, a annoncé que le nombre d'êtres humains sous-alimentés avait augmenté de 40 millions, pour frôler désormais le milliard. La FAO indique en outre que la crise économique mondiale ne peut qu'aggraver cette tendance catastrophique.

D'autre part, la France a réuni une conférence pour la relance de l'agriculture en Afrique, regroupant les ministres concernés de nombre de pays. À l'ouverture, le ministre français de la Coopération a constaté que l'Afrique devait importer une part croissante de son alimentation et que cette dépendance du marché mondial était la cause principale de la famine. Plaidant pour un développement des investissements agricoles en Afrique, il a remarqué que si ces investissements avaient augmenté récemment... ils risquaient plutôt d'aggraver la situation.

Cette contradiction apparente était expliquée par une troisième information : le groupe industriel Daewoo vient de conclure un contrat avec l'État de Madagascar pour la mise en culture d'un million d'hectares de terres arables dont le produit, principalement du maïs, sera destiné à la vente sur le marché mondial, au prix de celui-ci et donc hors d'atteinte des populations locales. Ainsi cette terre confiée pour 99 ans à un groupe multinational ne pourra plus servir à l'agriculture vivrière locale. Cet investissement, loin de l'améliorer, aggravera donc la situation alimentaire de Madagascar !

Cette opération de Daewoo n'est pas exceptionnelle. Des millions d'hectares de terres arables sont mis en culture dans les pays où la population meurt de faim, mais cela sous la coupe et dans l'intérêt des seuls groupes de l'agroalimentaire. Par exemple Bolloré, qui n'est pas un des plus gros, exploite entre autres 135 000 hectares d'hévéas et de palmiers à huile.

Les populations d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine peuvent être sous-alimentées tout en vivant à côté ou même en travaillant dans de vastes exploitations agricoles modernes et rentables. Ni les chiches subventions distribuées par la FAO, ni les conseils hypocrites distillés par les ministres n'y pourront rien changer, tant que les trusts dicteront leur loi

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