Médecins : 500 mandarins rançonnent leurs patients et les hôpitaux publics03/09/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/09/une2092.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Médecins : 500 mandarins rançonnent leurs patients et les hôpitaux publics

Quelque 500 médecins spécialistes et chirurgiens qui exercent en " privé " au sein d'hôpitaux publics sont en grève administrative depuis plusieurs mois. Ils refusent de communiquer à la Sécurité sociale le nombre de consultations et d'interventions privées pour lesquelles ils ont perçu des honoraires, car ils ne veulent pas payer à l'hôpital la redevance qu'ils sont tenus de verser pour cette activité libérale. Ils n'hésitent pas à creuser ainsi un trou dans le budget des hôpitaux, déjà mis à mal par la politique d'économies du gouvernement.

Il est déjà choquant qu'un certain nombre de médecins - 4 300 au total, soit 12 % des praticiens hospitaliers - puissent exercer une activité privée à l'hôpital public, et ce pendant le temps pour lequel ils sont déjà salariés par l'hôpital, c'est-à-dire par la Sécurité sociale. De plus, si certains exercent cette activité privée au tarif conventionné, d'autres (ils sont près de 1 600) demandent carrément des honoraires dits " libres ", c'est-à-dire qui peuvent être dix fois plus élevés.

Pour ces médecins, la seule contrainte est de payer à l'hôpital une redevance pour l'utilisation des blocs opératoires et autres équipements de l'hôpital, ainsi que pour le travail que leur fournissent anesthésistes, infirmières, secrétaires, etc.

Jusqu'à présent, cette redevance était dérisoire, puisque calculée sur la base du tarif conventionnel de la Sécurité sociale, et non en fonction des honoraires effectivement perçus. Aussi, quand un décret paru en mai dernier a fixé la redevance en fonction des sommes réellement encaissées par ces médecins, près de 500 d'entre eux, grands patrons hospitaliers pour la plupart, organisés dans un petit syndicat, se sont mis en grève administrative. Cette action est désapprouvée par les autres syndicats de médecins hospitaliers, car " pénalisante pour les établissements ". Effectivement, en l'absence d'un état des interventions de ces praticiens, les hôpitaux ne peuvent pas être remboursés par la Sécurité sociale. Pour gérer leur trésorerie, ils doivent emprunter aux banques qui leur facturent des frais financiers importants.

Mais les patrons hospitaliers en question s'en moquent. Ils défendent pied à pied leurs privilèges. Quant au gouvernement, il s'est abstenu de prendre toute sanction à leur encontre. Il n'y a pas eu de ministre pour dénoncer cette petite minorité de médecins qui " prend en otage " l'hôpital public, et encore moins pour les menacer de leur retirer le droit de se servir des hôpitaux publics pour leurs intérêts privés.

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