General Motors - Strasbourg : Usine à vendre03/09/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/09/une2092.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

General Motors - Strasbourg : Usine à vendre

Vendredi 30 août, la direction annonçait au CE que la direction de GM Corporation envisageait de vendre l'usine de transmissions automatiques de Strasbourg, qui emploie 1 260 salariés, sous prétexte que GM aurait besoin de cash pour combler les pertes qu'elle subit aux États-Unis.

Cette annonce brutale a été reçue par les travailleurs comme un coup de plus. En effet, depuis le mois d'août 2007, la direction strasbourgeoise a licencié " à l'amiable " près d'une trentaine de cadres et, en mars, cela a été le tour des travailleurs de production. Fin juin, 168 salariés ont quitté l'usine. La direction avait alors donné comme prétexte la baisse de production et la sauvegarde de l'emploi. Mais de baisse de production, il n'y en a pas eu. Et depuis le 17 août, date de la reprise après la fermeture de quinze jours de congés, la désorganisation due aux suppressions d'emplois s'est traduite par des heures supplémentaires à gogo, certains ouvriers travaillant jusqu'à 12 heures par jour. Les jours de RTT sont supprimés, au moins en production. La veille de l'annonce de la mise en vente, les chefs étaient passés pour annoncer une semaine de congés forcés fin octobre et des lundis de novembre non travaillés. D'un jour à l'autre les annonces se sont succédé, plus folles les unes que les autres, jusqu'à celle de vendredi.

L'usine, qui fabrique des boîtes de vitesse automatiques pour BMW et Cadillac, pourrait sans doute être rachetée dans un premier temps, mais avec quelles conséquences par la suite ? Les discussions dans les ateliers traduisent l'inquiétude des travailleurs, qui se demandent avant tout à quelle sauce ils vont être mangés. Que le patron soit GM ou Tartampion n'est pas vraiment le problème ! La question est avant tout celle de la garantie de garder emploi et salaire.

La direction a demandé expressément aux syndicalistes de faire en sorte qu'il n'y ait pas de débordements à l'annonce de la nouvelle. Certains chefs ont expliqué qu'il fallait continuer à travailler pour montrer à de futurs acheteurs que c'est une affaire qui marche bien et sans problèmes.

Lundi 1er septembre la CGT a appelé à des assemblées générales sur les trois équipes. Tous les travailleurs de production étaient présents aux réunions. Pendant deux heures, la production a été à l'arrêt, matin, après-midi et nuit. D'un côté la CGT a expliqué que nous ne pourrions obtenir les garanties que si nous ne nous laissions pas berner par les discours du patron relayés par les chefs et certains syndicalistes qui jouent la carte des institutions. De son côté, le représentant de la CFDT s'en remet à une réunion des syndicats européens qui doit avoir lieu en fin de semaine à Vienne.

Comme si GM pouvait se laisser impressionner par des réunions des syndicats européens, alors que les décisions sont prises dans le secret des conseils d'administration !

Les assemblées ont donc voté pour de nouvelles assemblées générales lundi 8 septembre pour décider de la suite à donner, car les travailleurs de GM ne sont pas prêts à accepter n'importe quoi.

Partager