Altadis Seita - Riom (Puy-de-Dôme) : Les réactions des travailleurs face aux suppressions de postes17/07/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/07/une2085.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Altadis Seita - Riom (Puy-de-Dôme) : Les réactions des travailleurs face aux suppressions de postes

Mercredi 9 juillet, à l'appel des syndicats, les salariés d'Altadis à Riom, qui produit des cigarettes, ont bloqué l'entrée de l'entreprise toute la journée.

Depuis l'annonce des licenciements et des fermetures d'usines, la direction refuse toujours de transmettre les informations concernant les mesures de départ. À Riom ce sont 179 suppressions de postes sur les 400 travailleurs de l'usine qui sont prévues, et 2 440 dans l'ensemble des usines du groupe.

C'est par la presse que le personnel a appris le plan de restructuration. Les salariés ont alors demandé des comptes en se réunissant dans les ateliers et en allant voir les responsables. La direction a tout d'abord affirmé qu'il ne s'agissait pas de licenciements et sous-entendait que les suppressions de postes concerneraient le personnel de plus de 55 ans. Mais il n'y a pas 179 salariés de plus de 55 ans, si bien que les deux premières personnes visées sont deux jeunes cadres d'une trentaine d'années !

Le lundi 30 juin, l'usine a été bloquée une première fois pendant la réunion du comité d'entreprise, où tous les salariés sont passés un par un pour saluer les responsables, ce que la direction n'a guère apprécié.

Les buralistes qui achètent à l'usine leur stock de cigarettes se sont vu expliquer les raisons de la grève. Le journal local La Montagne ainsi que France 3 Auvergne sont venus rencontrer les grévistes et la direction qui, à cette occasion, a annoncé qu'il y aurait forcément des licenciements.

Nouveau blocage, le 9 juillet, où la grande majorité des salariés s'est retrouvée de nouveau devant les grilles, empêchant tout camion d'entrer ou de sortir. Ce jour-là étaient discutées, à Paris les mesures sociales d'accompagnement du Plan de Sauvegarde de l'Emploi. Lorsque les patrons licencient, ils appellent cela « sauvegarde de l'emploi ».

Les inquiétudes sont grandes sur la pérennité du site, du fait que la direction a toujours dit que l'usine n'était pas rentable si la production n'atteignait pas 10 milliards de cigarettes par an. Or, le plan prévoit de la ramener à 8,3 milliards.

Mais quel crédit peut-on accorder aux propos de la direction ? Impérial Tobacco, qui vient de racheter Altadis, a réalisé au premier semestre de l'an dernier un chiffre d'affaires de près de 8,1 milliards d'euros. Son bénéfice net a augmenté de 18 %, soit environ 338 millions d'euros. Le nouveau propriétaire, qui a mis 13 milliards d'euros sur la table pour le rachat d'Altadis, vise un bénéfice de 2 milliards d'euros par an très rapidement.

Alors, la direction a largement les moyens de payer pour que ce ne soient pas les salariés qui subissent ses choix économiques.

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