Éboueurs parisiens en lutte contre la privatisation.02/07/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/07/une2083.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Éboueurs parisiens en lutte contre la privatisation.

Samedi 27 juin, dès le petit matin, la place de la mairie du 19e arrondissement de Paris, face au parc des Buttes-Chaumont, avait changé d'aspect : si propre d'habitude, elle était jonchée de monceaux de papiers et de détritus divers. Rassemblés, les employés chargés de la collecte des ordures ménagères de l'arrondissement avaient préparé un " comité d'accueil " à Roger Madec, maire PS du 19ème, qui était censé venir à 9 h.

Comme leurs collègues des 2e, 3e, 9e et 16e arrondissements, les éboueurs du 19e refusent la privatisation totale de la collecte des ordures et sa vente au puissant groupe Veolia. La veille même, la place de l'Hôtel-de-Ville avait été envahie par les éboueurs en colère, qui avaient garé leurs camions à benne et déversé diverses ordures devant l'édifice où siège M. Delanoë, maire PS de Paris.

Dans le 19ème comme dans un certain nombre d'arrondissements, c'est le régime de la mixité public/privé qui est actuellement en vigueur. Mais le maire cherche à privatiser progressivement toute la collecte des ordures de Paris. Aussi, sur le parvis de la mairie, l'ambiance était chaude : " Pas question de laisser déblayer la place tant qu'on n'a pas rencontré Madec. " Et pas question non plus d'attendre les rencontres prévues début juillet.

Les éboueurs ont toutes les raisons de refuser la privatisation : qu'adviendrait-il de leur salaire, composé pour partie de primes et dont le fixe plafonne à... 900 euros net, sans 13e mois ? De leurs conditions de travail, alors qu'est envisagé le " redéploiement " des employés jugés " excédentaires " dans leur arrondissement ? Pour le privé, la règle est le moindre coût, et cela signifierait le gel total des embauches alors que la profession est déjà en fort sous-effectif. Quant aux conséquences pour les habitants, Veolia déjà est bien connu pour le prix exorbitant de la distribution de l'eau !

Les éboueurs ont un métier sous-payé et ingrat. Et un métier à risque, car certains déchets toxiques, tels ceux en provenance des hôpitaux, ne sont pas toujours correctement conditionnés. Raison pour laquelle, à force de transporter et d'inhaler toutes sortes de déchets, leur santé est mise à mal.

Finalement, ce samedi 27 juin, M. Madec a refusé de se déplacer. À ce qu'il paraît, il était fort en colère en apprenant que les abords de sa belle mairie étaient salis. Il est sans doute plutôt habitué au tapis rouge... car comme disaient les grévistes : " Ils nous font des discours à la télé, mais sur le terrain ils sont contre nous. "

Le Conseil de Paris doit entériner les projets en cours le 7 juillet. En attendant, la colère demeure et les éboueurs demeurent mobilisés, faisant, selon la consigne de la CGT, 55 minutes de grève chaque matin. Leur mouvement doit avoir le soutien de la population : qui aurait quelque chose à gagner à la privatisation, sinon une " mafia " qui a pour nom.... Veolia ?

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