Philips EGP - Dreux (Eure-et-Loir) : Non aux licenciements !18/06/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/06/une2081.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Philips EGP - Dreux (Eure-et-Loir) : Non aux licenciements !

Le 26 mars la direction de Philips EGP à Dreux annonçait 279 licenciements sur les 497 salariés restant aujourd'hui dans l'entreprise. Dans cette usine qui fabrique des téléviseurs LCD (écrans plats), un premier " plan social ", comme l'appellent abusivement les patrons, avait déjà conduit en 2003 à la suppression de plusieurs centaines d'emplois. Depuis, la direction a organisé méthodiquement la baisse de la production et il est évident qu'elle a programmé la fermeture totale de l'usine.

Dès l'annonce des licenciements, les travailleurs ont organisé des actions de protestation, manifestations en ville, opérations escargot sur la RN 12 toute proche, etc. Et le 26 mai une petite minorité, surtout des jeunes, s'est mise en grève. Depuis le 2 juin ils ont été rejoints, à l'appel de la CGT, par une bonne partie des travailleurs de production. Tous sont d'autant plus révoltés que la direction n'a proposé, en plus des indemnités de licenciements légales, qu'une prime de 3 000 euros (à l'heure où nous écrivons). Cela représente une aumône pour des travailleurs, dont beaucoup de femmes, qui ont travaillé depuis dix, vingt ans, voire plus, pour des salaires très bas, à peine supérieurs au smic.

Dreux est une ville ouvrière qui a connu, depuis 2002, de nombreuses fermetures d'entreprises : Valeo (ex-Renault), Dana, LG-Philips Displays, la Comasec. Dernière en date : Klarius-Rosi doit fermer ses portes cet été. Rien que cette année, entre les 279 licenciements annoncés chez Philips EGP, ceux induits chez les sous-traitants et ceux de Rosi, cela ferait un millier de suppressions d'emplois. Tout cela représente un véritable désastre social pour la population laborieuse de l'agglomération.

Voilà comment un des plus grands groupes capitalistes européens, Philips, contribue à ruiner toute une ville. Pourtant ses finances sont florissantes : il a réalisé en 2007 un bénéfice net de 4,1 milliards d'euros. Et il a décidé de consacrer en 2008 environ 5 milliards rien qu'à racheter ses propres actions et en faire monter la valeur, et remplir encore plus les poches de ses actionnaires.

Il faut ajouter que non seulement le gouvernement mais aussi les pouvoirs publics locaux n'ont mis aucune entrave à ces patrons licencieurs. Au contraire, ils ont tout fait pour leur faciliter la tâche. C'est bien sûr le cas du maire UMP de Dreux, Gérard Hamel, qui a depuis longtemps choisi son camp, celui du patronat. Mais il faut dire aussi que toutes les collectivités locales, la municipalité de droite de Dreux mais aussi le Conseil régional, dirigé par la gauche, ont rempli les caisses de Philips et du patronat local en subventions de toutes sortes : et ces " aides à l'emploi ", " aides à la recherche ", etc. ont surtout servi à remplir les coffres du patronat, mais pas à préserver l'emploi.

La moindre des choses aurait été d'obliger ce géant de l'industrie à garantir un travail et un salaire sur place aux travailleurs de Philips, ceux d'EGP comme celui de LG-Philips Display, mais aussi à tous les salariés des entreprises sous-traitantes. Le droit de vivre de son travail et de ne pas sombrer dans la misère, il faudra l'imposer par la force à ces patrons licencieurs.

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