Parachutes dorés : Ils ne sont pas près de se mettre en torche18/06/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/06/une2081.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Parachutes dorés : Ils ne sont pas près de se mettre en torche

Xavier Bertrand, le ministre du Travail, a sommé les organisations patronales de trouver une solution au problème des parachutes dorés, ces primes de départ souvent astronomiques pour cadres dirigeants. Faute de quoi le gouvernement légiférerait sur cette question. Bertrand a notamment déclaré qu'on ne peut pas avoir d'un côté " des gens qui sont à un peu plus de 1 000 euros net par mois et de l'autre la dirigeante qui se fait verser un parachute doré de six millions d'euros ", allusion transparente à Patricia Russo, PDG d'Alcatel Lucent, une entreprise dont le cours de l'action a baissé de moitié en 2007. Pour un peu Bertrand se serait fait photographier avec un couteau entre les dents, au milieu d'un piquet de grève devant une usine Alcatel !

Sarkozy, lors de sa campagne électorale, avait déjà promis de mettre fin aux parachutes dorés. Une loi en ce sens a été votée le 22 août 2007. Elle stipulait que " sont interdits les éléments de rémunération, indemnités et avantages dont le bénéfice n'est pas subordonné au respect de conditions liées aux performances du bénéficiaire ". Cela visait explicitement les cadres dirigeants qui quittent une entreprise en touchant le gros lot, par exemple celui d'Airbus qui avait empoché plus de huit millions d'euros d'indemnités alors même que l'entreprise était déclarée en difficulté. Cette loi a eu si peu d'effet que même Bertrand semble ignorer aujourd'hui son existence !

Toutes les déclarations tonitruantes, de Sarkozy à Bertrand, ne sont que propos démagogiques. Même dorés sur tranche, les PDG peuvent dormir sur leurs deux oreilles, d'autant que leurs salaires, indemnités et autres parachutes ne représentent qu'une petite partie du produit de l'exploitation des travailleurs. La plus grosse va aux grands actionnaires qui, eux, de toute façon, ne sont jamais inquiétés, même en paroles.

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