Sans-papiers : La démagogie anti-immigrés tue11/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2071.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sans-papiers : La démagogie anti-immigrés tue

Vendredi 4 avril, Baba Traoré, qui était sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière, s'est jeté dans la Marne, à Joinville-le-Pont, pour échapper à la police. Sorti de l'eau dans un état critique, il est mort à l'hôpital d'un arrêt cardiaque. Il avait vingt-neuf ans.

Son destin tragique rejoint celui de Chunian Liu qui s'était défenestrée à Belleville, à Paris, en tentant elle aussi d 'échapper à la police et celui de John Maïna qui, à vingt ans, s'est suicidé quand le droit d'asile lui a été refusé. Avant eux il y avait eu Ivan, enfant tchétchène tombé d'une fenêtre à Amiens, en fuyant la police. À Toulouse, c'était un Tunisien de vingt-quatre ans qui se jetait du quatrième étage d'un immeuble. Et combien d'autres, dont la presse a moins ou n'a pas du tout parlé ? Et combien sont morts après l'expulsion, une fois débarqués de l'avion ?

En 2007, le gouvernement s'est vanté d'avoir procédé à 23 000 expulsions. Pour 2008, Hortefeux, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, annonce que la pression sera renforcée.

Un sans-papiers qui meurt en tentant d'échapper à la police ou se suicide, ce n'est pas un accident, c'est la conséquence de la politique délibérée que mène le gouvernement pour plaire à la fraction la plus réactionnaire de l'opinion publique. Ministre de l'Intérieur, Sarkozy avait fait de l'immigration son cheval de bataille. Aujourd'hui président de la République, lui et son gouvernement continuent de flatter les préjugés antiétrangers. Le coût humain de cette démagogie est de plus en plus élevé... ce qui n'empêche pas les ministres et Sarkozy lui-même de discourir sur les droits de l'homme.

Partager