Non aux franchises médicales !11/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2071.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Non aux franchises médicales !

Le gouvernement compte sur le temps pour faire avaler à tous la pilule amère des " franchises médicales ". Mais plus elles sont appliquées, plus il est clair que ces mesures sont inacceptables. Bien sûr, quand on a les poches pleines, on ne compte pas un euro par-ci ou un euro par-là. On ne compte pas le dépassement d'honoraires qui, à l'hôpital, correspond parfois à un mois de salaire d'un travailleur au smic, voire bien plus.

Mais précisément quand on gagne le smic, ou quand on a une petite retraite, ou encore une allocation de 628 euros comme les handicapés, les franchises médicales et toutes les formes de non-remboursement des soins font que l'on se soigne de moins en moins bien. On tarde à aller chez le médecin pour soi-même et les enfants. Et s'il y a urgence, on attend des mois un rendez-vous qu'il aurait fallu obtenir bien plus vite pour soigner à temps une maladie grave. Mais de tels rendez-vous urgents, dans un cabinet de spécialistes ou à l'hôpital, occasionnent des dépassements d'honoraires que ne peuvent supporter bien des travailleurs.

Et pourtant, c'est dangereux pour les malades et leurs familles. C'est un non-sens économique, car un retard à l'accès aux soins coûte plus cher que la prévention et un suivi médical sérieux. Mais qu'importe au gouvernement, les franchises médicales s'inscrivent dans une politique générale qui vise à imposer des sacrifices aux plus pauvres sous prétexte d'économies budgétaires, alors que dans le même temps les caisses de l'État se vident pour satisfaire le patronat.

Cela n'empêche pas le gouvernement de prétendre que, grâce aux économies ainsi réalisées, il sera possible de s'occuper davantage des malades d'Alzheimer. Comme si c'était aux malades de payer pour les autres malades, alors que le système de santé devrait être financé par tous pour permettre à tous de se soigner. On ne dira jamais trop que ce ne sont pas les soins médicaux et les médicaments qui déséquilibrent le budget de la Sécurité sociale, mais l'insuffisance des salaires qui contribue à la baisse des rentrées, les dépenses indues prises en charge par les caisses mais qui devraient incomber à l'État, et surtout son pillage systématique au profit des classes riches.

Henriette MAUTHEY

Samedi 12 avril, le Collectif National contre les Franchises appelle à manifester à 14 heures devant le ministère de la Santé - 8, avenue de Ségur Paris 7e. Il appelle les manifestants à venir déposer symboliquement les boîtes de médicaments vides. Lutte Ouvrière est solidaire de cette initiative.

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