Renault - Douai (Nord) : La direction recule devant les débrayages02/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2070.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault - Douai (Nord) : La direction recule devant les débrayages

Des accords de flexibilité ont été signés il y a plusieurs années à Renault Douai par tous les syndicats, sauf la CGT (SUD, ex-CFDTistes, n'existait pas encore), prévoyant la création d'un capital temps. Quand l'usine multiplie les journées de fermeture, comme c'est le cas en ce moment sous prétexte de la baisse des ventes de la Mégane et du Scénic, les travailleurs n'ont donc pas de retrait de salaire, mais ils " doivent " des jours à la direction, des jours qu'elle pourra exiger quand elle le voudra. Certains d'entre nous " doivent " jusqu'à 70 jours au patron !

Le " compte épargne temps " peut se cumuler sur plusieurs années. Chacun s'attend donc à des séries d'heures supplémentaires non payées et de samedis obligatoires quand le nouveau modèle arrivera en 2009. Les accords de flexibilité sont donc en ce moment tout bénéfice pour le patron !

D'autant plus que les périodes de fermeture de l'usine alternent avec des journées de travail intensives. Au lieu de baisser les cadences pour diminuer les risques, le stress et la fatigue, la direction préfère maintenir des cadences élevées, histoire de ne pas nous habituer à un " petit travail tranquille ", comme disent certains chefs, qu'on aimerait bien voir faire notre boulot à notre place !

Le 20 mars, la direction a essayé de monter encore d'un cran. Elle a annoncé douze jours de fermeture en avril et en mai et en même temps une nouvelle augmentation de la vitesse de la chaîne à partir du 15 avril. Suivant les secteurs, c'était un ou deux centièmes de temps en moins. Sur le papier, cela paraît peu. Mais beaucoup sont déjà épuisés car la vitesse de la chaîne est déjà trop rapide. Les semaines précédentes, plusieurs postes avaient été supprimés sur chaîne et chacun devait faire des opérations supplémentaires.

Dès le 21 mars, la CGT a appelé à des débrayages, SUD également, et il y en a eu presque tous les jours. Les syndicats signataires des accords se sont plaints de n'être " plus écoutés " par la direction et se sont mis eux aussi à l'incriminer. La direction a commencé par minimiser : seuls 80 ouvriers auraient débrayé chaque jour et 17 véhicules auraient été perdus en tout et pour tout. C'était mensonger, mais on n'était qu'au deuxième jour de débrayages. Au bout de cinq jours, Renault était obligé de reconnaître officiellement que plusieurs centaines d'ouvriers débrayaient à chaque fois et que près de 3 000 voitures avaient été perdues. De plus, Renault avait de quoi s'inquiéter car les débrayages entraînaient de plus en plus de monde. Le jeudi 27 mars, plusieurs secteurs de l'usine étaient même complètement arrêtés.

Finalement, lundi 31 mars, la direction renonçait à son projet d'augmenter la vitesse de la chaîne, " temporairement " ajouta-t-elle pour sauver la face. Mais chacun voit bien qu'elle a reculé devant notre mobilisation. Cela fait longtemps que ce n'était pas arrivé, et c'est bon pour le moral !

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