Raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) : Le fioul coule plus vite que les indemnisations02/04/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/04/une2070.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) : Le fioul coule plus vite que les indemnisations

" Il s'agit d'une corrosion localisée et exceptionnelle ", a déclaré le directeur de la raffinerie Total de Donges, pour expliquer l'origine de la fuite de pétrole qui s'est répandu le 16 mars dans l'estuaire de la Loire. L'enquête menée (par Total !) montre que cette corrosion a été causée par une fuite d'eau sur une canalisation, elle-même située au-dessus de la conduite de pétrole... mais elle n'explique pas pourquoi cette fuite d'eau !

Le directeur de la raffinerie a rejeté toute " négligence " dans l'entretien de cette canalisation, construite en 1964, affirmant que toutes les conduites étaient régulièrement surveillées. Pourtant, il a fallu six heures avant que la fuite ne soit repérée et 400 tonnes de carburant ont eu le temps de se déverser dans la Loire. Avec le vent et les marées, la pollution s'étend maintenant sur une trentaine de kilomètres le long du fleuve, mettant en péril des espèces animales. Les poissons migrateurs comme les civelles ou les saumons sont menacés, de même que nombre d'espèces d'oiseaux qui nichent dans les roselières situées le long du fleuve, difficiles à nettoyer. Quant aux activités économiques liées à la région (pêche, parcs à moules, tourisme, etc.), elles commencent déjà à souffrir de la pollution.

Total a proposé 10 millions d'euros pour indemniser les victimes de cette marée noire - la quatrième en huit ans causée par le groupe pétrolier dans l'estuaire de la Loire. C'est quand même la moindre des choses, à supposer que cette somme soit suffisante et qu'il ne s'agisse pas d'une manoeuvre pour éviter un procès qui pourrait se conclure par le versement de sommes plus importantes et qui, surtout, risquerait de mettre en lumière toutes les " négligences " de Total en matière de sécurité.

Car derrière les mots pudiques employés par le directeur de la raffinerie de Donges, se cachent une sordide politique d'économies qui aboutit à laisser se dégrader les infrastructures et le mépris total pour les dégâts humains et naturels que cela peut occasionner.

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