Carrefour - Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) : La grogne s'invite pour les fêtes.02/01/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/01/une2057.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Carrefour - Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) : La grogne s'invite pour les fêtes.

Dans le cadre de l'appel national lancé par la CGT et la CFDT des magasins Carrefour à l'occasion de la période des fêtes, c'est le 24 décembre qu'avaient choisi les salariés du Carrefour de Saint-Pierre-des-Corps pour faire entendre leur colère.

Il faut dire que les raisons d'être mécontent ne manquent pas, en matière de salaire notamment. Ainsi une caissière travaillant 30 heures en temps partiel non choisi touche 750 euros net. Un employé libre-service qui embauche à 3 h 30 du matin touche 1 000 euros, prime de nuit comprise, et si la direction veut retarder l'embauche à 5 heures, c'est évidemment uniquement pour faire sauter une partie de cette prime. Quant à la prime d'intéressement du mois de mars qui équivalait à un mois de salaire il y a dix ans, elle ne s'élèvera cette année qu'à 30 euros, car les objectifs sont toujours revus à la hausse et bien sûr jamais atteints. Pour compléter le tableau, le treizième mois a été transformé en prime, et les pauses payées à 5 % du salaire vont être baissées à 2 %. Il faut enfin toujours surveiller sa feuille de paie car les " erreurs " ne manquent pas.

Dans ces conditions, le mot d'ordre de grève du lundi 24 décembre -premier du genre- a été bien accueilli : sur un effectif de 380 personnes, plus d'une centaine étaient en grève. Dès 3 heures du matin, un piquet empêchait toute livraison. Dans la matinée, plusieurs dizaines d'employés ont défilé dans le magasin, réclamant des augmentations de salaires et distribuant des tracts aux clients. Nombre de ceux-ci ont réagi en manifestant leur sympathie aux grévistes, certains voulant même absolument signer une pétition en solidarité. Quant au directeur et aux cadres, ils ont été obligés de retrousser les manches, et on a pu les voir s'agiter pour approvisionner les rayons et remplacer des caissières.

Le directeur a estimé que le mouvement de grève était " infondé car hors tempo des négociations ". Tel n'est pas l'avis des grévistes, contents d'avoir marqué le coup et d'avoir réussi à surprendre la direction. Considérant qu'ils ont donné un avertissement, ils sont un certain nombre à vouloir justement " remettre ça " au moment des négociations salariales.

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