Algérie : Visite de Sarkozy, les affaires avant tout07/12/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/12/une2053.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Algérie : Visite de Sarkozy, les affaires avant tout

A son arrivée en Algérie, pour une visite officielle commencée le 3 décembre, Sarkozy a prononcé un discours où il affirmait que le système colonial avait été " profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité ".

Il avait auparavant proclamé que jamais il n'exprimerait une quelconque " repentance " de la France pour ses méfaits coloniaux ; les médias ont donc relevé que Sarkozy, malgré tout, avait trouvé le moyen de prendre quelque distance avec le passé colonial pour satisfaire ses interlocuteurs et l'opinion algérienne, même si, en prétendant honorer les " victimes des deux côtés ", il peut tout aussi bien dire qu'il n'a nullement reculé.

C'est qu'un peu d'habileté diplomatique ne nuit pas quand on vient avant tout pour faire des affaires. Ce premier discours a été prononcé devant les chefs d'entreprises français et algériens et ces quelques préalables passés, Sarkozy est passé aux concrètes questions d'argent.

Il venait signer pour cinq milliards d'euros de contrats : pour fournir les tramways d'Oran et de Constantine, gérer le métro d'Alger, construire une ligne ferroviaire, une usine pétrochimique, une centrale thermique, et annoncer qu'un autre grand chantier était en vue dans le domaine du nucléaire civil. Qu'elles cherchent à vendre leurs produits ou à faire des investissements fructueux, toutes les grandes entreprises françaises sont sur les rangs : Alstom, Thalès, Eurocopter, la RATP. Le domaine de l'énergie est, comme d'habitude, éminemment intéressant pour Total et pour Gaz de France, qui investit un milliard de dollars dans un gisement au sud du pays et veut reconduire ses contrats de fourniture de gaz jusqu'en 2019.

On comprend mieux pourquoi Sarkozy a éludé, au début de son discours, les questions " d'histoire ", pour insister sur la " géographie " et sur cette mer qui, a-t-il dit, " a toujours été un trait d'union et non une barrière ".

Malheureusement le " trait d'union " en question a servi bien souvent dans l'histoire à transporter des soldats aux intentions tout autres que pacifiques ; et aujourd'hui cette mer n'est le plus souvent qu'un obstacle à la circulation des hommes.

Sylvie MARÉCHAL

Les entreprises françaises en Algérie

Depuis trois ans, les investissements français en Algérie ont triplé : presque trois cent millions de dollars en 2006, en dehors des hydrocarbures. Car les entreprises françaises, qui comptent deux cent cinquante filiales employant 22 000 personnes, sont présentes dans bien des secteurs. On les trouve dans l'agroalimentaire, comme Danone Djurdjura ou Bel Algérie, dans l'industrie automobile (Peugeot et Renault) ou pharmaceutique (Sanofi Aventis), dans le tourisme (Accor). La plupart des grandes banques (BNP, Société générale, Calyon...) ont développé des succursales. Et la politique de privatisation décidée par le gouvernement algérien leur ouvre des horizons. Lafarge, Air liquide et Saint-Gobain ont déjà été autorisées à racheter les entreprises publiques, spécialisées dans le verre et la métallurgie, Alver, Sovest et Sidal. Bien d'autres sociétés françaises sont candidates au rachat d'autres entreprises et du Crédit Populaire d'Algérie, cinquième banque nationale. Sarkozy n'a pas manqué de rappeler, à la fin de son discours, qu'elles étaient " prêtes à investir (...) dans le secteur industriel, dans le secteur bancaire ".

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