Prix de l'eau : Les profits surnagent, les consommateurs coulent.01/11/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/11/une2048.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Prix de l'eau : Les profits surnagent, les consommateurs coulent.

L'association de consommateurs UFC dénonce dans le mensuel Que Choisir le racket que subissent les consommateurs sur leur facture d'eau.

Ainsi, l'eau distribuée par les syndicats de Marseille et de la presqu'île de Gennevilliers a un prix 2,2 fois plus élevé que ce qu'elle coûte.

La palme revient au SEDIF (Syndicat des Eaux d'Île-de-France), qui regroupe aujourd'hui 144 communes. Sur une facture d'eau de 100 euros, 58,7 euros, soit plus de la moitié, représentent le profit... pour le plus grand bonheur du groupe Veolia-Eau, chargé de la fourniture de l'eau par le SEDIF.

L'étude menée par Que Choisir sur dix-neuf communes et syndicats de communes cite quatre collectivités dont les taux de marge sont les plus faibles, comprise entre 10 et 20 % : Chambéry, Clermont-Ferrand, Annecy et Grenoble. Elles ont en commun d'être exploitées en régie communale, donc sans intervention des groupes privés. À l'inverse, les surfacturations les plus importantes apparaissent là où la gestion de l'eau a été confiée au privé : SEDIF de l'Île-de-France, Marseille, Genevilliers et Lyon.

En France, le prix du m3 d'eau atteint en moyenne 2,19 euros, quand le service est assuré par une régie communale, et 2,93 euros quand il est confié au privé, c'est-à-dire le plus souvent à l'une des deux multinationales de l'eau, Veolia-Eau ou Suez-Lyonnaise des Eaux. Les consommateurs déboursent donc 33 % de plus pour grossir les profits de ces trusts.

Ce qui caractérise le marché de l'eau, ce n'est pas sa transparence, mais son opacité. Et ce trafic en eau trouble repose bien souvent sur la complicité existant entre élus de grandes villes, pouvoirs publics et trusts de l'eau.

En 2006, devant le tollé suscité par la précédente enquête de Que Choisir sur ce racket, plusieurs élus ou représentants des grandes compagnies avaient crié à la désinformation et menacé d'un procès.

Mais en fait aucune action judiciaire n'a été intentée contre Que Choisir. Et pour cause, il aurait fallu mettre tous les éléments de la comptabilité sur la table, ce que ces grandes sociétés refusent justement de faire.

Contrôler le prix de l'eau n'aurait rien de techniquement difficile comme le prouve le travail d'une association comme l'UFC Que Choisir. Mais cela suppose de lever le secret des affaires, qui ne sert, dans ce domaine comme dans bien d'autres, qu'à cacher des prix et des pratiques inavouables.

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