Italie : L'accord du 23 juillet d'il y a quinze ans19/10/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/10/une2046.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Italie : L'accord du 23 juillet d'il y a quinze ans

L'article suivant est extrait du journal de nos camarades italiens, l'Internazionale (n° 73 d'octobre 2007)

Le 23 août dernier est mort Bruno Trentin, ex-secrétaire général de la CGIL à l'époque des accords de juillet 1992 et 1993. Son nom, comme beaucoup s'en souviennent, reste lié à un des plus grands coups portés aux travailleurs de la part des gouvernements et des organisations patronales. Le 23 juillet 1992 en effet, Trentin mit en oeuvre avec les autres organisations syndicales et le gouvernement Amato, l'enterrement définitif de ce qu'il restait de l'échelle mobile des salaires, soit quinze ans exactement avant l'accord de cette année qui est un coup de plus contre les retraites.

Avant 1992, les salaires étaient automatiquement réévalués en fonction de l'augmentation du coût de la vie. Depuis, ce qui auparavant était un droit est devenu une augmentation contractuelle, résultant chaque fois d'années de négociations, et jamais complète. (...)

À l'époque, les syndicats abandonnèrent aux patrons une part consistante des salaires en échange de promesses risibles, comme celle de la modération des prix, dont personne n'a vu la couleur, et la reconnaissance d'un rôle d'acteur (la fameuse « concertation ») dans la soi-disant « politique des revenus » qui ne fut par la suite la politique que d'un seul revenu : le revenu ouvrier.

(...) Évidemment Trentin n'a été que l'expression d'une politique syndicale qui n'a pas changé et qui, aujourd'hui encore, désarme la classe ouvrière. De ce point de vue le fait que le syndicat dit le plus combatif, la CGIL, soit dirigé par lui ou un autre, ne fait pas grande différence.

Cela dit, la nécrologie la plus perspicace de Trentin a été celle donnée par l'ex-Premier ministre Amato dans une interview au Corriere della Sera du 24 août.(...)

En septembre 1992 les syndicats proclamèrent une série de grèves avec des manifestations régionales, qui eurent une forte participation et durant lesquelles Trentin lui-même fut la cible de boulons et d'objets divers lancés par les travailleurs. Et Amato de rappeler : « La décision de ne pas faire de grève générale, mais de gérer le mécontentement en le dispersant en manifestations régionales, m'aida beaucoup à passer cette étape. Et cela, je peux le dire avec la distance des années, fut la plus grande collaboration que les syndicats et Trentin apportèrent à mon gouvernement ».

Un jugement très clair, auquel il n'y a rien à ajouter !

Partager