Déficit de l'État : L'argent public pillé au profit du patronat !19/10/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/10/une2046.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Déficit de l'État : L'argent public pillé au profit du patronat !

Il ne se passe pas de jours sans qu'un ministre, un homme politique, un journaliste reprenne le refrain sur la nécessité pour la population d'accepter des sacrifices car, selon eux, ce seraient les dépenses sociales et celles engagées pour les services publics, la santé, l'éducation, les transports, le logement, qui aboutiraient à mettre les finances de l'État en quasi-faillite.

Mais dans le domaine de la Santé, l'État ne met pas un centime. Par exemple, dans les deux plus gros postes de dépenses, c'est-à-dire le remboursement des médicaments et les hôpitaux, tout cela est uniquement financé avec les contributions des salariés, retraités et chômeurs, sur leurs cotisations, les cotisations dites patronales n'étant en fait que du salaire différé. Pire, l'État pioche dans les caisses de la Sécurité sociale pour financer les dépenses qui lui incombent, telles que la couverture santé des non-salariés et des professions libérales, sans oublier le financement des cliniques privées, la recherche médicale, la formation des médecins, etc. Le total de ces détournements dépasse largement le fameux « trou de la Sécu ».

De même, la plupart des « mesures sociales » annoncées à grand renfort de publicité par chaque gouvernement en place sont loin d'être financées en totalité par l'État, mais sont prises en partie sur le budget Allocations familiales de la Sécurité sociale. Enfin, on a progressivement transféré aux départements la quasi-totalité des autres dépenses sociales, telles que les services sociaux, les maisons de retraite, la prise en charge de la dépendance, le RMI... La seule finalité de ces transferts de dépenses sociales vers les départements était de diminuer régulièrement, et parfois de façon brutale, la participation financière de l'État dans ces domaines.

En ce qui concerne l'enseignement public aussi, il y a une véritable accélération du désengagement de l'État : tous les personnels techniques des collèges et lycées, environ 100 000 personnes, ont été transférés vers les départements et les régions. De même, l'État réduit son financement pour les universités, les locaux, le logement étudiant.

Les routes et les transports ferrés ont en quasi-totalité suivi le même schéma, les premières ayant été transférées aux départements pendant que les autres l'étaient aux régions. Enfin pour le logement, malgré tous les bavardages d'un Borloo, le budget 2008 est identique à celui de l'an passé, et va donc baisser en valeur. Si les villes, les départements ou les régions veulent des logements pour la population laborieuse, il ne leur restera qu'à les financer.

Chaque année, les responsables des exécutifs locaux se plaignent d'ailleurs de ce que l'État ne leur reverse même pas le peu auquel il s'était engagé pour assurer la prise en charge des services transférés. Cette année, l'augmentation globale des dotations d'État aux collectivités locales sera d'à peine 1 %, moins que l'inflation. Au moins 4,5 milliards d'euros supplémentaires devraient rester à la charge des collectivités locales. Ces collectivités augmentent donc fortement les impôts locaux et diminuent les services existants.

Bien loin de « grever le budget de l'État » comme osent le rabâcher tous les menteurs de service, les dépenses sociales et les services de base utiles à la population ne reçoivent ainsi qu'une part de plus en plus réduite. Les raisons du déficit de l'État sont plutôt à rechercher du côté du pillage massif des finances publiques pour arroser le patronat et les classes riches, qui lui coûtent 100 milliards chaque année.

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