Le Parti Socialiste en université d'été : Une rose de plus en plus pâle06/09/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/09/une2040.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le Parti Socialiste en université d'été : Une rose de plus en plus pâle

L'université d'été du Parti Socialiste, qui s'est achevée le dimanche 2 septembre, a été l'occasion pour ses dirigeants de revenir sur la cuisante défaite de l'élection présidentielle et de tenter de sortir de la guerre des chefs qui sévit depuis.

Pour les élus du Parti Socialiste, l'avenir du PS c'est aussi leur avenir personnel et il leur semble nécessaire que les responsables se mettent d'accord en vue des prochaines élections, à commencer par les municipales de mars 2008. Comment le PS doit-il s'y prendre pour conserver les mairies des grandes et moins grandes villes et les postes qui y sont attachés ? Que doit faire le PS pour espérer reconquérir un jour le pouvoir gouvernemental, profiter des prébendes qui l'accompagnent ?

Un certain nombre de dirigeants socialistes ont déjà donné une réponse personnelle à cette dernière question... en acceptant les offres de services de Sarkozy. Mais il y a tous les autres. Alors on a assisté à un concours de déclarations sur le thème de la refondation, de la rénovation, du changement du PS. Évidemment, puisque ce qui a été fait n'a pas marché, il faut changer !

Mais quoi ?

Les seules propositions concrètes de changement émises par les différents ténors socialistes vont toutes dans le même sens : il faut mieux s'adapter à la société telle qu'elle est, aller encore plus au-devant des demandes du grand patronat, dire sans détour qu'il s'agit de gérer les affaires de la bourgeoisie mieux que ne le fait la droite.

Le PS est depuis bien longtemps un parti bourgeois, n'aspirant qu'à exercer les responsabilités pour le compte de la bourgeoisie française, et cela n'est pas nouveau. Mais la bourgeoisie, dans son immense majorité, ne vote pas pour lui et il n'a pu arriver au gouvernement qu'en s'appuyant sur l'électorat populaire. Le PCF lui a longtemps servi de caution auprès de celui-ci, mais compte de moins en moins électoralement. Les dirigeants socialistes étaient persuadés que l'électorat populaire était " captif " et que, par exemple, entre Royal et Sarkozy, il serait bien forcé de voter pour la première, même si elle ne s'engageait à rien. Cela a fonctionné en partie, mais pas suffisamment pour leur donner la victoire.

Alors il faut trouver autre chose, de nouveaux alliés, sans se faire taxer de démagogie par la droite et le Medef en parlant de salaires, de licenciements, de logements populaires. Pourquoi au contraire ne pas adopter un langage calqué sur celui de la droite (baisse d'impôts, économie de marché, réformes des retraites, etc.), susceptible de séduire un électorat centriste qui a fait le relatif succès de Bayrou au premier tour de la présidentielle ?

Cette réunion de La Rochelle a d'ailleurs été l'occasion de renouveler les propositions d'alliances avec le Modem (le parti dudit Bayrou) en vue des prochaines échéances électorales. Les élections municipales à venir seront l'occasion de tester cette solution.

Oh, bien sûr, les socialistes ont aussi proposé de réunir un " comité de liaison " des partis de gauche. Mais cela ne les engage à rien, même pas à une inflexion de leur vocabulaire et surtout pas à un changement de politique.

Après tout, Hollande, Royal et la direction du PS tout entière sont d'accord sur le fond, même si cela n'empêche pas les polémiques.

Quant à savoir si cela permettra au PS de regoûter un jour prochain aux délices gouvernementales, c'est une autre affaire.

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