En procès pour s'être opposé à une expulsion : La solidarité n'est pas un délit !09/05/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/05/une2023.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

En procès pour s'être opposé à une expulsion : La solidarité n'est pas un délit !

Un millier de personnes ont manifesté lundi 7 mai devant le tribunal correctionnel de Lyon en soutien à un conseiller régional PCF grenoblois, François Auguste, vice-président de la région Rhône-Alpes, poursuivi pour " obstruction à la reconduite à la frontière " et " entrave à la circulation d'un aéronef ". Selon Réseau éducation sans frontières (RESF), Auguste risque jusqu'à cinq ans de prison et 18 000 euros d'amende ainsi qu'une peine d'inéligibilité.

François Auguste est poursuivi pour avoir protesté, le 2 décembre 2006, dans l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, contre l'expulsion d'une famille kosovare qui devait embarquer dans l'avion où il venait de prendre place. Il s'était adressé au commandant de bord, puis aux passagers de l'avion, pour dénoncer cette situation, ce qui lui a valu une interpellation musclée par la police : il a eu une côte cassée et une interruption totale de travail (ITT) de 8 jours. Initialement prévue lundi 7 mai, l'audience du procès de François Auguste a finalement été renvoyée au 26 novembre. Une " première victoire de la solidarité ", selon François Auguste, dont les avocats avaient demandé le report du procès, estimant d'une part que la date fixée, au lendemain du deuxième tour de l'élection présidentielle, n'offrait pas des conditions sereines de jugement, et d'autre part dénonçant l'absence de témoins, dont le commandant de bord, non cité.

Outre le parquet de Lyon, le " chef avion " (chargé au sol de la sécurité et de la ponctualité des décollages) avait également porté plainte contre l'élu régional, mais il a maintenant retiré sa plainte.

Sous des banderoles " La solidarité n'est pas un délit ", les manifestants, dont un grand nombre étaient venus par car de Grenoble ou de Marseille, composés de militants de RESF, de diverses organisations politiques (PCF, Verts, Alternatifs, LCR, LO) et syndicales (CGT, FSU) ou de la Ligue des droits de l'homme, ont protesté contre ce procès. Ils ont reçu le soutien du président PS de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, et de beaucoup d'élus présents au rassemblement.

À noter que Florimond Guimard, dont le procès pour un motif identique, programmé le 20 avril à Aix-en-Provence, a aussi été reporté, avait tenu à apporter son soutien à François Auguste par sa présence devant le tribunal de Lyon.

L'objectif d'un renforcement d'un réseau national de solidarité pour obtenir la régularisation des sans-papiers, ainsi que la défense de tous ceux actuellement poursuivis, a été fixé par François Auguste. Et c'est aux cris de " Solidarité avec les sans-papiers ", " La solidarité n'est pas un délit " que s'est terminée cette manifestation.

Les rendez-vous ont été pris, aussi, pour soutenir des sans-papiers menacés d'expulsion en ce mois de mai.

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