Thales : Le coin des affaires ; 90% de remise sur les arsenaux.22/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2012.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Thales : Le coin des affaires ; 90% de remise sur les arsenaux.

Le groupe Thales, spécialisé entre autres dans l'électronique militaire, va, sous réserve de l'accord de la Commission européenne, acquérir 25% de DCN (Division de la Construction Navale), c'est-à-dire des arsenaux qui fabriquent les navires de guerre.

Pour vendre DCN, l'État a commencé par le rendre " présentable ", au sens capitaliste du terme, en faisant passer son effectif de 30000 à 12000 personnes. Puis il a arrondi la dot de la mariée en remplissant le carnet de commandes à hauteur de 10 à 20 milliards d'euros, suivant les estimations. La fabrication de frégates et de sous-marins assurera ainsi l'avenir des nouveaux actionnaires pour plus de dix ans.

La présence de Thales au capital de DCN garantit naturellement que l'équipement en radar, sonar, télécom, missiles et systèmes de guidages, ce qui représente les trois quarts du coût des bâtiments, lui sera confié. C'était déjà le plus souvent le cas, mais on n'est jamais trop prudent. De plus, c'est bien agréable d'être à la fois le vendeur et l'acheteur, surtout quand au bout du compte cela aboutit à une facture finale réglée par le ministère de la Défense.

Mais cela ne devait pas encore suffire. La valeur de la DCN, estimée par l'État, a été abaissée de 5 à 2,3 milliards d'euros, ce qui met le prix de l'entrée de Thales à 500 millions. Dernière main au montage financier, DCN va commencer par racheter quelques morceaux de Thales pour 400 millions, que Thales reversera immédiatement à DCN, n'ajoutant ainsi que 100 millions de ses caisses. Le PDG de Thales appelle cette manoeuvre le " cash-cash ", ce qui peut se traduire par " comme au coin d'un bois ".

En finale, Thales va acheter pour 100 millions d'euros 25% de la DCN, qui seront bientôt portés à 35% et lui donneront de fait la direction d'une entreprise de 12000 travailleurs, propriétaire d'immenses terrains dans les ports militaires, en situation de monopole pour la construction des navires de guerre, ayant fait 2,7 milliards d'euros de profits en 2006 et, ce qui ne gâche rien, dotée d'une trésorerie de 1,5 milliard d'euros et de commandes pour plus de dix ans.

Quant à l'avenir des travailleurs, ceux de Thales comme ceux de la DCN, aucune clause du contrat ne le mentionne.

Partager