Nos lecteurs écrivent : Harcèlement patronal.22/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2012.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nos lecteurs écrivent : Harcèlement patronal.

Chers camarades,

Le 14 novembre 2006, le patron de mon père a été condamné pour harcèlement moral à trois mois de prison avec sursis et à 500 euros d'amende. Mais comme vous allez le voir, ce n'est pas si cher payé.

L'affaire remonte à l'année 2001.

Mon père était alors employé dans une PME de plasturgie située près d'Angers. Pendant des mois, lui et deux autres cadres ont été victimes de la part du patron de pressions incessantes et, à la longue, insupportables, étant régulièrement insultés, menacés et même, à l'occasion, malmenés physiquement. " Je vous casse quand je veux " : ça faisait partie des propos les plus polis utilisés par le personnage pour les faire craquer.

En 2002, tous trois ont été licenciés pour " faute grave ", sur la base de témoignages fabriqués de toutes pièces. Ils ont tout de suite décidé de contester leur licenciement devant les Prud'hommes, qui ont effectivement donné tort au patron, en qualifiant les licenciements " d'abusifs ". Ils ont décidé de ne pas en rester là et de porter la plainte au pénal.

Quand l'affaire est arrivée devant les tribunaux, l'avocat du patron a défendu son client en expliquant qu'il était " parti de rien ", qu'il avait monté son affaire " en se retroussant les manches " et que ce n'était pas un crime, quand même, d'être " un patron à poigne " ; s'il avait parfois été un peu brusque, c'était d'abord parce que " son entreprise agissait dans un secteur hautement concurrentiel ".

Un premier jugement a été rendu par le tribunal correctionnel d'Angers en avril 2006, condamnant le patron pour harcèlement ayant entraîné " dégradation des conditions de travail " et " altération de la santé mentale " de ses salariés. Le patron a fait appel de la décision mais le nouveau et dernier jugement du 14 novembre a heureusement confirmé la première décision.

Il faut toutefois préciser que la justice n'a pas retenu certaines des peines proposées, ni " l'interdiction de gérance pendant deux ans ", ni l'amende de 10000 euros, sous prétexte de ne pas faire couler une PME employant une trentaine de personnes !

Et puis, première plainte en octobre 2002, jugement définitif en novembre 2006 : on dirait que cela met plus de temps pour donner gain de cause à des salariés qu'à des patrons !

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