Chirac, à Cannes : Le festival des dictateurs africains.22/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2012.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Chirac, à Cannes : Le festival des dictateurs africains.

Les 15 et 16 février, à Cannes, Jacques Chirac recevait, certainement pour la dernière fois officiellement, les dirigeants africains, dont il se dit si proche.

Tous n'ont pas pu venir. Lansana Conté, habitué de ces sommets, au pouvoir en Guinée-Conakry depuis son coup d'État de 1984, était retenu dans son pays : la population, qui voit son niveau de vie reculer de jour en jour, y a déclenché une grève générale depuis le 10 janvier. Lansana Conté a répondu par une violente répression, qui a fait plus de 100 morts. Près de 500 militants de l'opposition seraient en détention dans des camps ou des postes de gendarmerie.

Le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a préféré ne pas quitter le pays, craignant de ne pas retrouver sa place en rentrant.

Quant à Laurent Gbagbo, qui n'exerce plus sa dictature que sur la moitié de la Côte-d'Ivoire, l'autre moitié étant sous le contrôle d'opposants, il a finalement préféré se faire représenter.

Tous les autres étaient là, entre autres Faure Gnassimbe, le président togolais, qui a hérité du pouvoir à la mort de son père, le général Gnassimbe Eyadema. Celui-ci exerçait, depuis 1967, le pouvoir sans partage que lui avait confié la France. À sa mort, en février 2005, Chirac avait déclaré qu'il perdait un " ami personnel ".

Omar Bongo était là, aussi. Président du Gabon depuis 1967, il a permis à Elf-Total d'y faire fortune, en y pillant les ressources pétrolières (et celles du Congo-Brazzaville dirigé par son ami -et beau-père- Sassou Ngesso).

Les présidents soudanais, tchadien, centrafricain, responsables des massacres au Darfour, étaient là aussi, ainsi que de nombreux autres.

En 1990, Mitterrand avait fait semblant d'inciter les dictateurs africains à évoluer vers le " multipartisme ". À l'époque, Chirac avait affirmé que " l'Afrique n'est pas mûre pour la démocratie ". Ce qui le dispense de demander aux dictateurs en place de faire semblant d'être des " démocrates ".

Celui qu'on nous présente comme un grand ami de l'Afrique est surtout celui des dictateurs africains

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