«Travailler plus» : Du travail moins payé pour les uns, le chômage pour les autres08/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2010.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

«Travailler plus» : Du travail moins payé pour les uns, le chômage pour les autres

Sarkozy multiplie les déclarations sur le thème «pour gagner plus, il faut travailler plus». Ce slogan reprend une vieille méthode patronale qui consiste à ne pas augmenter les salaires, en proposant aux travailleurs de travailler plus longtemps. Au final, cela aboutit à devoir travailler plus pour un salaire tout juste suffisant pour vivre.

Sauf que ce sont les patrons et non les travailleurs qui décident des horaires, qui peuvent imposer aussi bien du temps partiel -donc un salaire partiel- que des journées à rallonge.

Contrairement à ce que Sarkozy prétend, les lois sur les 35heures mises en place par la gauche n'ont pas interdit les heures supplémentaires, elles ont même ouvert une facilité aux patrons par l'annualisation du temps de travail, qui permet d'enchaîner des périodes de longues journées de travail avec des jours non travaillés et des jours de repos (RTT). Si la semaine de 35heures constituait la durée «légale», la durée maxima est restée à 48heures hebdomadaires, ce qui laissait la place à 13heures supplémentaires!

Sur l'année, le nombre d'heures supplémentaires est en principe réglementé, mais de moins en moins. Car après le retour de la droite au gouvernement, le contingent d'heures supplémentaires autorisées est passé de 130 à 180heures par an, puis à 220heures en 2004. Cette limite a été repoussée par une nouvelle loi, en 2005, qui autorise des dépassements par des heures «choisies». Ainsi, derrière le prétendu «libre choix» du salarié, il y a des salaires insuffisants pour vivre, la pression de la maîtrise, l'espoir d'obtenir un CDI ou la crainte d'être licencié!

Sarkozy a d'ailleurs repris «travailler plus pour gagner plus» au moment du vote de cette loi du 31 mars 2005. Celle-ci ouvre aussi la possibilité de transformer les RTT en jours travaillés, que les patrons sont autorisés à payer avec des années de retard par le recours à un «compte d'épargne-temps».

Que reste-t-il donc à offrir de plus aux patrons? Sarkozy a trouvé: il propose maintenant que les heures supplémentaires soient exonérées de cotisations sociales pour les employeurs.

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