Logement : La politique du gouvernement aggrave la crise du logement08/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2010.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Logement : La politique du gouvernement aggrave la crise du logement

Le ministre du Logement Borloo se vante d'avoir relancé la construction, et même d'avoir une politique de logement social. Pour affirmer cela, il lui faut violenter les statistiques, en baptisant «sociaux» et «populaires» des programmes de construction qui ne le sont en rien.

Le «plan Borloo» comme le plan «Robien» qui l'avait précédé sont taillés sur mesure pour les promoteurs immobiliers et pour une clientèle de riches confortablement logés, qui achètent des appartements comme un placement parmi d'autres. Pire, avec le recul, les effets dévastateurs du plan «Robien» sont aujourd'hui bien visibles et le rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé-Pierre les détaille: les subventions apportées par l'État aux promoteurs ont créé une surenchère sur les terrains, ce qui a «en quelque sorte asséché le foncier disponible pour la construction sociale. Autant dire qu'il a renforcé les difficultés déjà nombreuses que rencontrent les organismes HLM pour construire (terrains coûteux, entreprises du bâtiment accaparées par la promotion privée, appels d'offres infructueux).» De plus, les opérations immobilières ont eu lieu là où c'était le plus rentable, et pas dans les villes où le besoin de logements est le plus pressant. Enfin, le «Robien» a «contribué au renchérissement des loyers», du fait que les plafonds des loyers que les propriétaires sont autorisés à percevoir pour bénéficier d'un avantage fiscal sont situés non pas en dessous, mais au-dessus des loyers des logements existants.

Prenant la suite de Gilles de Robien, Borloo a prétendu corriger les défauts du plan de son prédécesseur dans une loi votée en juillet 2006 et pompeusement intitulée «Engagement national pour le logement». Cette loi a créé le «Borloo populaire», qui est une nouvelle exonération fiscale accordée à ceux qui achètent un logement pour le louer, en théorie, à des ménages de milieu populaire. En réalité, «les aides fiscales apportées le sont sans véritables contreparties sociales», si bien que «ni les loyers, ni les revenus des ménages visés par le «Borloo populaire» ne sont vraiment populaires», constate le rapport sur le mal-logement. En conséquence, le «Borloo populaire» «n'aura aucun effet correcteur sur le marché».

Ainsi, le gouvernement contribue à rendre les loyers de plus en plus inaccessibles, en amplifiant les conséquences néfastes de la loi du marché, au lieu de s'y opposer.

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