Guinée Conakry : Un pays riche et une population pauvre08/02/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/02/une2010.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Guinée Conakry : Un pays riche et une population pauvre

À l'instar du Congo Kinshasa (République Démocratique du Congo, ex-Zaïre), la Guinée, en Afrique de l'Ouest, constitue une véritable exception géologique: son sous-sol contient un tiers des réserves mondiales de bauxite, dont il est le second producteur mondial, le minerai qui sert à fabriquer l'aluminium, de l'or, des diamants, du fer, et d'autres minerais. La société canadienne Global Alumina, à la tête d'un consortium comprenant des entreprises françaises et européennes (dont Technip), a signé en juin 2005 un contrat de 1,5milliard de dollars pour la construction d'une usine de production d'alumine et la rénovation du port de Kamsar. Tandis que des grands groupes comme l'Anglogold Ashanti de Siguiri et la Société minière de Dinguaraye s'intéressent plus particulièrement aux réserves d'or de la Guinée.

Même si une grande partie des richesses naturelles ne sont pas exploitées, celles qui le sont rapportent. Comme dans le reste de l'Afrique de l'Ouest, la France est au premier rang dans l'économie de la Guinée: on retrouve les noms de BNP Paribas dans la banque, Bolloré dans les services maritimes, TotalFinaElf dans la distribution pétrolière, Alcatel dans les télécommunications. Près de 70 entreprises françaises, dont 25 filiales installées en Guinée, se partagent le gâteau avec les entreprises américaines.

En revanche, la grande majorité masses pauvres guinéennes vit avec moins d'un euro par jour. Le revenu moyen par habitant n'atteint que 40 euros par mois, tandis que l'espérance de vie ne dépasse pas les 54 ans, et le taux d'alphabétisation des adultes les 30%. La vie chère est telle que la population n'arrive plus à se nourrir. Ainsi le prix du riz, aliment de base importé d'Asie, a doublé. Avant la grève, un sac de riz de 50 kg coûtait 22 dollars. Aujourd'hui, il en coûte 40 à Conakry, mais 53 à Kissidougou, la principale ville de la région du sud-est du pays, le reste étant à l'avenant. Corruption et vie chère sont les principales raisons de la colère.

Partager