Mayotte - Chasse aux sans-papiers : Le triste record10/01/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/01/une2006.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Mayotte - Chasse aux sans-papiers : Le triste record

La direction centrale de la Police des frontières de Mayotte, île située dans l'océan Indien entre Madagascar et la côte est de l'Afrique, qui est un territoire français, s'était fixé pour objectif d'exécuter 900 interpellations de clandestins dans les derniers jours de l'année 2006. Les services de police, de la marine et de la gendarmerie se sont bien acquittés de cette mission, battant, paraît-il, des records nationaux dans l'arrestation des sans-papiers.

Cette année, 12000 reconduites à la frontière ont en effet été effectuées à Mayotte. Ce chiffre correspond à la moitié des expulsions réalisées sur l'ensemble du territoire national annoncées par le ministère de l'Intérieur.

Les émigrants qui viennent des autres îles de l'archipel des Comores, principalement d'Anjouan, fuient la misère à bord d'embarcations de fortune, les «kwassa-kwassa». Ils payent environ 400 euros pour franchir, souvent au péril de leur vie, les 70 kilomètres qui les séparent de l'île de Mayotte. Depuis janvier 2006, pas moins de 88 de ces «bateaux» ont été interceptés.

Arrivés à Mayotte, les Comoriens sont victimes d'individus peu scrupuleux, de policiers et d'hommes politiques qui affichent sans vergogne leur mépris pour les «étrangers», comme si tous les habitants de l'archipel n'étaient pas un même peuple.

La volonté du ministre de l'Outre-mer, de Sarkozy et du député de Mayotte, Mansour Kamardine, d'enrayer ce qu'ils considèrent comme un fléau, relève non seulement de l'infamie mais aussi de l'absurdité. Sur les 160000 habitants que compte Mayotte, un tiers sont considérés comme étant des clandestins. Koungou, la deuxième ville de l'île, compte plus d'immigrés et de sans-papiers que de population dite d'origine.

Malheureusement, cette politique répressive à l'égard des Comoriens trouve un certain écho parmi une partie de la population mahoraise, qui voit d'un mauvais oeil cette concurrence «étrangère». Elle se trompe bien entendu d'adversaire, mais surtout encourage des individus aux propos nauséabonds et aux gestes comme celui de ce maire UMP de Brandelé, récemment condamné pour avoir donné l'ordre d'incendier des cases habitées par des personnes d'origine comorienne.

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