Sans-logis : Des mesures qui ne sont pas à la hauteur.03/01/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/01/une2005.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sans-logis : Des mesures qui ne sont pas à la hauteur.

Entre Noël et le jour de l'An, Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale, a annoncé un renforcement du dispositif d'accueil des SDF, dont le budget passera de 7millions d'euros initialement prévus à 70millions.

Ainsi les horaires d'ouverture des foyers seront allongés ; de 17heures à 9heures, et tout le week-end. La ministre déléguée a également promis que, d'ici la fin de l'hiver, 4000 places d'hébergement de "stabilisation" seront mises à leur disposition, au lieu de 1100 actuellement ; les sans-logis pourront y séjourner 24heures sur 24, sept jours sur sept, sans limitation de durée. Enfin, la capacité d'accueil en maisons relais et en pensions de famille sera portée de 3000 à 12000 d'ici fin 2007.

Il ne fait aucun doute que l'action menée par l'association Les Enfants de Don Quichotte explique ce soudain intérêt du gouvernement pour les sans-abri. Les mesures annoncées sont néanmoins loin de répondre à l'ampleur et à l'urgence des besoins. Le gouvernement promet une amélioration des conditions d'accueil dans les mois qui viennent, mais plusieurs sans-abri ont déjà trouvé la mort cet hiver, et combien viendront grossir cette macabre liste dans les semaines ou les mois à venir ?

L'attitude du gouvernement est d'autant plus scandaleuse que les besoins en matière d'hébergement ne datent pas d'aujourd'hui. Depuis plusieurs années, chaque hiver, des associations dénoncent le sort réservé aux SDF. La solution ne se limite d'ailleurs pas à l'augmentation du nombre de lits disponibles dans des centres, mais elle implique de se battre contre la précarité de l'emploi, l'insuffisance des salaires (il faut quand même rappeler que, selon l'INSEE, 29% des sans-domicile ont un travail) et l'absence de logements sociaux qui n'offrent à des milliers de personnes qu'un choix indigne : celui de vivre et dormir dans la rue.

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