Transports VFD (Isère) : Grève contre la privatisation07/12/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/12/une2001.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Transports VFD (Isère) : Grève contre la privatisation

Depuis mardi 28 novembre, les travailleurs des cars VFD (Voies Ferrées du Dauphiné, qui emploient 660salariés) sont en grève. Ils refusent le passage au privé de plusieurs lignes de bus autour de Grenoble, ce qui menacerait 90emplois dans l'agglomération.

En février 2005, la majorité PS du Conseil général et les Verts avaient voté la transformation de la Régie départementale des transports VFD (à 100% publique) en une Société d'économie mixte avec 85% de financements publics. Les salariés de VFD avaient alors exprimé leur refus par une grève très suivie: ils n'avaient aucune confiance, ni dans les élus ni dans leur direction, qui juraient que les emplois, les acquis sociaux et le service public seraient garantis.

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que leurs inquiétudes soient confirmées. Au 1er juillet, la direction annonçait que les nouveaux embauchés ne bénéficieraient plus de diverses primes et auraient un 13emois amputé, soit au total plus de 800euros de manque à gagner.

Aujourd'hui, la menace qui inquiète le plus les salariés a commencé à se concrétiser: le démantèlement par dépôt et par ligne de VFD. La société assure en effet le transport des voyageurs sur la majorité des lignes régulières du département de l'Isère, quelques lignes urbaines de Grenoble, mais aussi une partie du Rhône avec un dépôt à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Mais désormais chaque collectivité locale peut lancer un appel d'offres pour réattribuer les lignes sous sa tutelle au plus offrant.

C'est ce que vient de faire la Semitag (société des transports de l'agglomération de Grenoble) pour plusieurs lignes de l'agglomération. VFD en perdrait trois. L'une d'elles serait reprise directement par la Semitag qui est, comme dans bien d'autres grandes villes du pays, une société ouverte aux capitaux privés, dont la Transdev (filiale de la Caisse des dépôts et consignations), la Connex (Vivendi Environnement) qui gère la gare routière de Grenoble ou encore Keolis. Deux autres lignes passeraient entièrement au privé, le groupe Transdev ayant remporté l'appel d'offres.

Les travailleurs de VFD savent que le passage au privé de ces lignes risque d'entraîner des licenciements et, pour ceux qui seront repris, la précarisation de leur contrat de travail. Ils savent aussi que chaque ligne peut être menacée dans les années à venir. Ils refusent le chantage de leur direction, qui veut obtenir des baisses de coût sur leur dos sous prétexte d'emporter les futurs appels d'offres. Ils veulent un contrat unique pour tous, anciens comme nouveaux, et le maintien des acquis obtenus au fil des années, quand VFD était une régie publique.

Ils défendent également les intérêts des usagers car la privatisation pourrait entraîner la suppression de certaines des lignes et la dégradation du service. Par tracts et pétitions, les travailleurs de VFD s'adressent à la population. Ils dénoncent la politique menée avec l'argent du contribuable par le président du Conseil général, le député isérois PS André Vallini, qui regrettait dans une intervention au Conseil général que la privatisation de VFD n'ait pas eu lieu il y a plus de vingt ans!

Tous les matins, une assemblée générale réunit les travailleurs, qui décident au jour le jour des actions à mener. Lundi 5décembre, il n'y avait qu'un bus en circulation dans la matinée à Grenoble. C'est dire si la grève est bien suivie, entre 75 et 90% selon les dépôts, les administratifs ayant fait grève les deux premiers jours. Les travailleurs sont déterminés à tout faire pour s'opposer à la volonté du Conseil général à majorité socialiste de démanteler cette entreprise de transports encore majoritairement publique. Ils ont revoté la grève au moins jusqu'à jeudi 7décembre, jour d'une réunion avec leur direction.

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