Paysans pauvres du sud marocain : Amères oranges08/11/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/11/une1997.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Paysans pauvres du sud marocain : Amères oranges

Dans la région de l'Atlas, dans le sud marocain, cinq responsables d'associations qui avaient participé à l'organisation d'une manifestation de soutien à des paysans pauvres sont poursuivis par les autorités et convoqués devant le tribunal de Taroudant. Le procès a déjà été reporté deux fois et devrait avoir lieu début décembre.

Le 7 mai dernier, dans cette région d'Ouzioua, les manifestants s'étaient regroupés pour réclamer que soit respecté le droit, pour les paysans pauvres de la région, d'accéder à l'électricité, l'eau potable et à l'eau pour l'irrigation dans la région où les barrages ont considérablement réduit la superficie des terres des pauvres et où l'eau est majoritairement utilisée au profit des exploitations capitalistes d'agrumes destinés au marché européen.

Dans la région de Taroudant, sur les 200000 hectares disponibles pour l'agriculture, 12000 sont occupés par la production d'agrumes, grosse consommatrice d'eau d'irrigation. La construction de deux barrages sur les terres des familles paysannes s'est traduite pour une partie d'entre eux par la perte de leur terre, faiblement indemnisée, et l'obligation de se faire embaucher dans les exploitations d'agrumes dans des conditions dignes du Moyen Age. Les conditions de vie dans les villages se sont encore dégradées, certains d'entre eux ayant perdu leurs maisons qui, reconstruites, ne bénéficient pas de l'eau potable ni de l'électricité. Au total 35 villages de la région sont coupés de ces ressources essentielles, et trois doivent payer 4900 dirhams (450 euros environ) par maison pour bénéficier à nouveau de l'électricité, après avoir pourtant déjà dû, en 2001, payer le prix fort pour être reliés au réseau.

Faute d'accès à l'eau, à l'électricité, des paysans se sont regroupés dans des associations qui ont vainement contacté les responsables à l'échelle locale ou régionale. Les autorités, à l'écoute des capitalistes de la terre, des grosses sociétés européennes productrices d'agrumes dans la région, n'ont à offrir aux paysans pauvres spoliés de leurs terres, de leurs maisons ou de l'indispensable irrigation, que mépris et indifférence et, s'ils se révoltent, menaces et tribunaux.

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