Grenoble : Craintespour l’avenir à STMicroelectronics08/11/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/11/une1997.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Grenoble : Craintespour l’avenir à STMicroelectronics

STMicroeletronics est une entreprise franco-italienne qui fabrique des semi-conducteurs, ces composants qui constituent le coeur de tous les appareils électroniques (téléphones portables, lecteurs DVD, télévisions, ordinateurs, etc.). Cette entreprise est associée à Freescale et NXP (la branche semi-conducteurs de Philips) dans un projet de recherche et développement baptisé Crolles2, du nom de la ville proche de Grenoble dans laquelle est implanté le site. Ces trois entreprises ont bénéficié de 543millions d'euros de subventions publiques étalées sur sept ans, jusque fin 2007.

Plusieurs craintes agitent une partie du personnel sur les sites de Grenoble (2200 salariés) et Crolles (3600 salariés), du fait du rachat récent de Freescale et NXP par des fonds spéculatifs. Cette nouvelle pratique de rachat, les LBO, pour «Leverage buy out» ou achat par effet de levier, consiste à acheter une entreprise en grande partie grâce à des emprunts et à faire rembourser rapidement ces emprunts par les profits tirés de l'entreprise elle-même, voire par la vente de pans de l'entreprise. C'est la pérennité du site de Crolles2 qui pourrait être remise en cause par le départ de NXP, si la rumeur, reprise par le ministère de l'Économie, se confirme.

Des articles de journaux financiers voyant ST comme prochaine candidate à un rachat type LBO ont décidé la CGT, le syndicat le plus actif dans l'entreprise, à interpeller les pouvoirs publics. En effet, l'État français est actionnaire et possède encore une minorité de blocage et pourrait, s'il en avait la volonté, intervenir pour empêcher tout rachat par un quelconque fonds spéculatif. Pour appuyer cette demande, une pétition est proposée aux dix mille salariés travaillant en France. Elle demande à l'État français de garder le contrôle de cette entreprise, du fait de toutes les subventions déjà versées, et de développer l'emploi lié à la recherche et développement et l'emploi industriel en France et en Europe. La même démarche est faite en Italie par la CGIL. À ce jour, en France, la pétition a recueilli plus de mille signatures. Un représentant du ministère de l'Économie a reçu un syndicaliste CGT du site de Grenoble et s'est voulu rassurant...

Cette pétition permet de discuter de la nécessité de se mobiliser face à une direction qui est prête à tout pour augmenter les profits de l'entreprise qui seront versés aux actionnaires. Sans se faire d'illusions sur la volonté des pouvoirs publics, et de l'État en particulier, d'agir en fonction de l'intérêt des travailleurs, à moins qu'ils n'y soient contraints.

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