Nos lecteurs écrivent : L'envers du décor au Fouquet's.25/10/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/10/une1995.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nos lecteurs écrivent : L'envers du décor au Fouquet's.

Étant intérimaire électricien, j'ai eu le "privilège" de travailler au Fouquet's, hôtel luxueux en plein milieu des Champs-Élysées. J'ai travaillé dans la partie cuisine, qui se rattache à l'immeuble que le Fouquet's a racheté pour construire des suites dont le prix commence à 700 euros la nuit pour une "chambre supérieure", certaines suites coûtant jusqu'à 4000 euros. Ceci pour satisfaire les besoins des milliardaires français, américains mais aussi de pays dits émergents telles la Russie, la Chine, l'Inde, ou encore la Corée du Sud.

Je peux dire que n'ai jamais vu des conditions de travail telles, tout au long de ma vie d'électricien: des bétonnières qui tournent dans un local fermé, de la poussière de carrelage découpé qui se mélange au reste et, pour actionner tout cela, des maçons ne parlant pas français maltraités par les chefs. Et tout cela malgré la présence quasi permanente de l'architecte, terrorisé à l'idée de ne pas terminer le chantier à temps.

Il faut savoir qu'aux cuisines du Fouquet's la recette est de 30000 euros par jour (environ 600 euros le repas). Donc, chaque jour de retard, c'est autant de bénéfice en moins.

À l'heure où les logements des plus pauvres brûlent, où les familles sont expulsées et ont toutes les peines du monde à se reloger, on constate que des établissement de luxe peuvent s'agrandir pour recevoir une clientèle très sélective venue des quatre coins du monde. Et en plus, ils imposent aux salariés des entreprises de construction des conditions de travail dignes du 19e siècle!

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