VIe République : Dis Tonton, pourquoi tu tousses?25/08/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/08/une1986.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

VIe République : Dis Tonton, pourquoi tu tousses?

Leader du NPS (Nouveau Parti Socialiste), un des courants du PS, Arnaud Montebourg avait boudé après le congrès de novembre 2005, en disant que la direction de ce parti n'avait pas repris son appel à une VIe République. Depuis, Montebourg a rejoint l'écurie de Ségolène Royal.

Il vient ainsi d'offrir une tribune à cette dernière, le 20 août, avec la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, organisée chaque année dans son département de Saône-et-Loire. Et il y avait du monde, selon les journaux, pour voir la chouchou des sondages.

Les présents l'ont entendue débiter ses phrases creuses sur «l'ordre juste», «la République du respect», une «révolution démocratique» ou encore «l'Europe par la preuve». Il y en avait même un peu pour Montebourg puisque Ségolène Royal, parlant de sa «nouvelle République» s'est demandée: «Est-ce que cette réforme va conduire à une VIeRépublique?» Et d'ajouter: «Faisons d'abord les choses avant de les nommer. [...] Nous saurons alors si nous avons su ou non créer une VIeRépublique».

Il n'en a pas fallu plus à Montebourg pour s'en féliciter bruyamment alors que des membres du NPS lui reprochent de ne chercher qu'à voler au secours de la victoire que les sondages laissent miroiter à qui veut les croire.

Quant à voir poindre l'aube d'une VIeRépublique dans les propos plus qu'évasifs de Ségolène Royal, il y a un gouffre si l'on entend par la VIeRépublique la suppression des aspects les plus autoritaires de l'actuelle Constitution, comme l'a plus ou moins dit Montebourg.

Il y a d'ailleurs un précédent significatif, surtout quand on sait qu'à Frangy-en-Bresse Ségolène Royal s'est revendiquée de la «lignée mitterrandienne». Avant son élection en 1981 à la présidence de la République, Mitterrand n'avait pas de mots assez forts pour fustiger la VeRépublique, qu'il qualifiait de «coup d'État permanent», et les institutions gaullistes, dont il avait promis qu'il les changerait. On sait ce qu'il en a été. Une fois élu, Mitterrand s'est appuyé sur ces mêmes institutions sans rien y changer.

Mais cela, en fait, le chantre de la VIeRépublique Montebourg le sait fort bien. Alors, il se contente des paroles de Ségolène Royal, d'autant plus facilement que lui-même a été assez prudent pour ne pas trop préciser ce qu'il entendait par VIeRépublique.

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