Les caravanes d'été de Lutte Ouvrière se terminent25/08/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/08/une1986.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Divers

Les caravanes d'été de Lutte Ouvrière se terminent

Depuis mi-juillet et jusqu'à la fin de cette semaine, des camarades de Lutte Ouvrière ont parcouru de nombreuses régions en allant à la rencontre de la population laborieuse, celle qui est encore au travail pendant ces mois d'été, ou celle qui n'est pas partie parce qu'elle ne pouvait pas se le permettre.

Plus de 500 camarades de Lutte Ouvrière ont ainsi consacré deux semaines chacun de leurs congés pour organiser, par équipes de vingt à vingt-cinq, de nombreuses caravanes faisant chacune et chaque jour halte dans une ou plusieurs villes différentes. Nous avions choisi des villes petites ou moyennes, ouvrières et non pas touristiques, et souvent sinistrées à cause des licenciements et du chômage. Des villes dans lesquelles nous n'avons pas d'activités régulières le reste de l'année.

Nos camarades ont ainsi circulé dans près de quarante départements différents et dans quelque 300 villes, plantant souvent un petit chapiteau en centre-ville, dans une cité populaire, dans les rues passantes, sur les marchés. Ils se sont rendus aux portes des entreprises qui travaillaient en ces mois d'été, pour y diffuser des tracts. Ils ont proposé notre hebdomadaire et, à tous, la discussion. Nos interlocuteurs évoquaient principalement les problèmes rencontrés par tout le monde du travail : difficulté de trouver du travail pour les jeunes ou d'en retrouver quand on a perdu son emploi, conditions de travail difficiles quand on en a un, la précarité, les emplois intermittents, les bas salaires et la vie chère, etc. Et plus particulièrement avec les militants et électeurs du Parti Communiste et du Parti Socialiste, la perspective de l'élection présidentielle prochaine.

Parmi les nombreux journaux vendus, il y en eut un fort pourcentage aux portes des entreprises où nous avons reçu un très bon accueil car ces travailleurs n'ont pas souvent l'occasion de rencontrer des militants politiques. Plusieurs dizaines de milliers de brochures ont été distribuées, ainsi que plus de cent mille tracts.

Nous ne citerons que quelques-unes de nos étapes :

- Vernon et Passy-sur-Eure (Eure), où Rowenta, Schneider et une papeterie licencient,

- Chaumont (Haute-Marne), où l'entreprise de meubles Capdevielle, venue des Landes pour s'installer en bénéficiant de financements publics, a créé 250 emplois puis, deux ans plus tard, a mis la clé sous la porte,

- Vittel et Contrexéville (Vosges) où les salariés des usines d'embouteillage ont fait grève contre Nestlé au printemps dernier,

- Granville (Manche), où les ouvrières de l'usine LU travail-lent sur des fours, à plus de 40 degrés,

- Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), où l'inquiétude règne en raison du rachat d'Arcelor par Mittal,

- Le Vigan (Gard), ville où l'industrie textile (bas Well) n'arrête pas de licencier,

- Cerisaie (Indre-et-Loire), petite ville de 3 000 habitants, marquée par l'annonce en juillet de 350 suppressions d'emplois dans la principale usine de la ville, sous-traitante de l'automobile,

- Romorantin (Loir-et-Cher), la capitale de la Sologne et des réserves de chasse d'un certain nombre de citadins parisiens privilégiés, mais aussi une ville au coeur d'une région frappée par les licenciements : Matra a fermé en 2003, en supprimant 2 000 emplois ; Giat, à quelques kilomètres, a aussi mis la clé sous la porte,

- Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), ville ouvrière où nous avons rencontré des travailleurs sous-traitants de l'aéronautique (groupe Safran) et de l'usine de chocolats Lindt,

- Romans (Drôme) où les usines de chaussures ferment,

- Péage-de-Roussillon (Isère), ville centrée autour d'une usine Rhodia,

- Forbach et Saint-Avold (Lorraine), villes de l'ancien bassin houiller, où beaucoup de travailleurs n'ont que des contrats précaires et se débattent dans des situations difficiles, tout comme ceux que nous avons rencontrés à Denain et à Auby (Nord) qui étaient des licenciés de Metaleurop...

D'un bout à l'autre du pays, ce sont les mêmes problèmes que les travailleurs affrontent et qui les préoccupent.

Et si un grand nombre d'entre eux veulent « chasser la droite en 2007 », c'est presque toujours sans vraiment croire, disent-ils, que la gauche, et en particulier le PS, changerait les choses pour eux.

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