Immigration clandestine : Les naufragés de la misère25/08/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/08/une1986.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Immigration clandestine : Les naufragés de la misère

Les corps d'une dizaine d'immigrants clandestins, dont l'embarcation avait fait naufrage, ont été repêchés dimanche 20août, au large de l'île italienne de Lampedusa. Cette île, plus proche des côtes africaines que celles de l'Italie, est devenue un point de passage que les immigrants fuyant l'Afrique tentent de rejoindre au péril de leur vie. Depuis le début de l'année, plus de 10000 d'entre eux y ont accosté.

L'archipel espagnol des Canaries, situé face aux côtes africaines, doit lui aussi faire face depuis des mois à l'arrivée massive de clandestins affamés, qui préfèrent risquer la mort à bord de pirogues ou d'embarcations de fortune, plutôt que de continuer à subir la misère ou la violence dans leur pays d'origine. Plus de 15000émigrants africains ont ainsi accosté sur l'île de Ténérife et ses voisines depuis le début de l'année, ce qui dépasse, et de loin, tous les chiffres enregistrés à ce jour.

Car les pays européens ont beau renforcer la surveillance de leurs côtes et de leurs frontières terrestres, et multiplier les murs et les barbelés pour lutter contre l'immigration clandestine, de même qu'ils ont beau renforcer leur collaboration avec des pays comme le Maroc, le Sénégal ou la Libye pour tenter d'enrayer cette immigration, ils ne peuvent empêcher des millions de pauvres d'être prêts à tout pour tenter leur chance. Tout au plus, toutes ces mesures reviennent à les livrer à des passeurs et des trafiquants qui leur vendent de plus en plus cher leurs services.

Quant aux secouristes et aux autorités locales, qui doivent gérer les problèmes sanitaires et humains posés par cet afflux, ils sont débordés et en appellent à l'aide des gouvernements européens. Pendant ce temps, Chirac comme son homologue espagnol Zapatero ou les autres gouvernants européens déclarent régulièrement qu'il n'y a pas de solution à l'immigration clandestine en dehors de la lutte contre la pauvreté de l'Afrique et de son développement économique.

Oui, c'est une évidence, des milliers de personnes ne chercheraient pas chaque jour à quitter leur pays si celui-ci connaissait une situation prospère et un développement harmonieux. Mais les bonnes paroles de Chirac et Zapatero sonnent comme de la provocation quand on connaît les responsabilités de l'impérialisme français, et aussi espagnol et européen en général, dans la situation actuelle de sous-développement de l'Afrique. Car, après des décennies d'une féroce exploitation coloniale, les trusts français et occidentaux continuent à piller les richesses du continent africain. Ce faisant, ils continuent à aggraver chaque jour le sort des populations locales et poussent un nombre croissant d'Africains à risquer leur vie sur les chemins de l'immigration clandestine. Tout cela pour s'entendre conseiller par un Chirac de développer plutôt leur pays!

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