La croissance selon Thierry Breton : Autosatisfaction ministérielle18/08/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/08/une1985.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

La croissance selon Thierry Breton : Autosatisfaction ministérielle

Des chiffres publiés par l'Insee le 11 août font état d'une progression du Produit intérieur brut (PIB) de la France comprise entre 1,1 et 1,2% pour le second trimestre 2006. Cela pourrait donner, toujours selon l'Insee, une croissance de 3% pour l'année 2006, à condition qu'elle se poursuive au même rythme.

Il n'a pas fallu plus que ces chiffres partiels pour que Thierry Breton, le ministre de l'Économie et des Finances, se lance dans un numéro d'autosatisfaction. Car, il n'en doute pas, cette hausse serait due à la politique du gouvernement. «Des chiffres tout à fait exceptionnels», a-t-il déclaré sur France Inter, «l'économie française va mieux, elle va bien, elle va même très bien.» «Du jamais vu depuis vingt ans», a-t-il aussi dit dans un premier temps... avant d'ajouter que c'était «arrivé trois fois en vingt ans»! Apparemment, dire tout et son contraire en quelques minutes ne semble pas le déranger.

Pour Breton, cette hausse ponctuelle du PIB marquerait le retour à «une croissance solide», permettant de «recréer de l'activité et de redistribuer la richesse». Il annonce que plus de 200000 emplois seront créés cette année, dont 80% dans le secteur privé. À supposer que cela soit vrai et qu'il ne s'agisse pas d'un nombre jeté en l'air, il resterait quand même quelque deux millions de chômeurs. Et rien ne garantit non plus qu'il n'y aura pas des milliers de licenciements par ailleurs.

Breton affirme aussi sans complexe que la croissance du pouvoir d'achat des Français n'a jamais été aussi forte depuis six ans.

Où a-t-il vu ça? «Tout va très bien, madame la marquise», voilà un air que l'on n'a pas fini d'entendre d'ici les élections. C'est sans aucun doute vrai pour le monde de privilégiés que Breton représente et dont lui et ses comparses défendent les intérêts. Mais dans le monde du travail, la redistribution des richesses et la hausse du pouvoir d'achat dont parle le gouvernement se traduisent plutôt par une baisse des revenus aggravée par des factures toujours plus lourdes -loyers, essence, électricité, nourriture, etc .- tout comme la baisse du chômage dont se vante le gouvernement se traduit par un nombre croissant de chômeurs.

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