Clermont-Ferrand : La mobilisation continue21/06/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/06/une1977.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Clermont-Ferrand : La mobilisation continue

Depuis plusieurs semaines, deux familles qui demandent le droit d'asile sont maintenues dans une situation précaire extrême par la préfecture du Puy-de-Dôme, qui exige qu'elles se présentent chaque mercredi pour obtenir un nouveau sursis d'une semaine.

La première famille, un couple et ses quatre enfants, dont les deux plus âgés sont scolarisés, sont des roms du Kosovo, une minorité menacée en permanence dans son pays d'origine. Ils sont d'abord allés en Suède... qui les a renvoyés au Kosovo. Au bout de trois mois, ils ont de nouveau fui pour rejoindre la France, où tous les autres membres de la famille ont déjà le statut de réfugié. Les autorités françaises répondent aujourd'hui que c'est en Suède qu'ils doivent faire leur demande d'asile. Or, il est évident que s'ils y retournent, on les renverra à la case départ.

Jusqu'au 1er juin, un seul membre des familles suffisait pour obtenir le bref répit hebdomadaire. Mais depuis le 7 juin, la préfecture a décrété que la famille devait se présenter au complet! Pourtant, rien dans la loi n'exige la présence des enfants.

Le 7 juin, à l'appel du Réseau éducation sans frontières (RESF), plusieurs dizaines de personnes étaient déjà venues les accompagner et les soutenir à la préfecture. Mercredi 14 juin, nous étions encore plus nombreux.

Mais la famille kosovare allait encore subir les vexations de la préfecture. Elle vint munie d'un certificat médical pour justifier l'absence d'un des enfants. Les autorités refusèrent de l'accueillir sous prétexte qu'elle n'était pas au complet et que l'enfant était peut-être malade... mais sûrement pas intransportable! Et le même responsable de la préfecture qui exige cette présence des enfants a osé dire à la famille que cette maladie était «un chantage aux enfants»!

Finalement, la famille et les associations ont décidé d'aller chercher l'enfant malade afin d'être reçus par la préfecture. Mais elles ont fait appel aux médias auparavant afin de dénoncer cette ignominie d'un agent de la préfecture qui fait du zèle.

Une nouvelle fois les autorités leur ont donné un sursis d'une semaine.

La deuxième famille, une femme tchétchène et son fils scolarisé au collège de la Charme, s'est vu accorder un petit sursis de trois semaines et le droit de déposer un dossier de demande d'asile.

Parallèlement, la mobilisation pour dénoncer le projet de loi anti-immigrés de Sarkozy continue. Après la réussite de la manifestation du 10 juin, un nouveau rassemblement est prévu le samedi 1er juillet.

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