Immigration : L’horreur de l’espoir14/06/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/06/une1976.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Immigration : L’horreur de l’espoir

Ils étaient 53, en majorité originaires de Casamance, une région du sud du Sénégal. En avion, ils avaient rejoint, au large de Dakar, les îles du Cap Vert. Là, à la veille de Noël 2005, ils ont embarqué dans un bateau, dans l'espoir de rejoindre les îles Canaries et donc l'Europe, un espoir de travail, de revenus pour eux et leurs familles.

Quatre mois plus tard, en avril dernier, on a retrouvé l'embarcation à... cinq mille kilomètres de son point de départ, de l'autre côté de l'Atlantique, dans la mer des Caraïbes, pas loin de la Martinique. Dans le rafiot, on a retrouvé onze cadavres. Les autres ont dû être jetés par-dessus bord, au fur et à mesure de leur mort après une horrible agonie. Six hommes s'en sont sortis: après une première panne de moteur, peu après le départ, et le retour au Cap Vert pour réparation, ils ont refusé de rembarquer.

47 hommes ont donc dérivé sur l'Atlantique dans un rafiot de 11 mètres et sont morts de faim et de soif, simplement pour tenter de pouvoir vivre en travaillant. Les chiffres officiels disent que, depuis janvier dernier, 9000 Africains auraient atteint les Canaries dans ce seul espoir et les organisations humanitaires estiment qu'un seul Africain sur deux qui tentent le voyage arrive à bon port.

Selon un des survivants de l'horrible traversée, chaque homme aurait payé entre 1200 et 1500 euros au propriétaire de l'embarcation et organisateur du voyage, qui a donc récolté près de 70000 euros. Mais à de telles crapules qui se nourrissent de la misère et de l'espoir des candidats à l'émigration, s'ajoute toute la crapulerie d'un système qui ne laisse aux pauvres du Tiers Monde que le choix de mourir de faim dans leur pays, ou de prendre le risque de périr dans un naufrage.

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