Salaires des patrons : Les pauvres!07/06/20062006Journal/medias/journalnumero/images/2006/06/une1975.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Salaires des patrons : Les pauvres!

Antoine Zacharias, le président de Vinci, le leader mondial du BTP, vient d'être remercié, c'est le cas de le dire, par son conseil d'administration. Il était en conflit avec le n°2 qui, pour se défendre, n'a pas hésité à révéler les appétits financiers de son patron.

Non content d'un salaire annuel de 7,56 millions d'euros, environ 7000 smic annuels, Zacharias avait obtenu 12,9 millions d'euros en janvier 2005, quand il avait quitté son poste de PDG pour devenir président du conseil d'administration. Il demandait encore 8millions d'euros pour l'avoir emporté dans la privatisation des Autoroutes du sud de la France (ASF), en faisant d'ailleurs remarquer que ces huit millions n'étaient qu'un pourboire par rapport aux milliards de profits que le rachat d'ASF rapporterait aux actionnaires de Vinci.

La guerre entre les deux dirigeants de Vinci a mis sur la place publique une partie des énormes gains des grands patrons et c'est sans doute cela qui a gêné les grands bourgeois, membres du conseil d'administration. Antoine Zacharias était certes gourmand mais en plus cela commençait à se voir un peu trop.

Mais, même viré, Zacharias aura fait fortune chez Vinci, car outre ses salaires et ses primes, il aura bénéficié largement du système des stock-options, ces actions que s'octroient les dirigeants des entreprises à des tarifs préférentiels et qu'ils peuvent revendre avec une plus-value conséquente. Zacharias ne s'en est pas privé, ayant ainsi engrangé, d'après son n°2, 250 millions d'euros. Et, cerise sur le gâteau, il part avec une retraite annuelle de cinq millions d'euros! Tous ces avantages, Zacharias ne les avait pas décidés seul. Ils lui avaient été accordés par le conseil d'administration, c'est-à-dire par les plus gros actionnaires, à qui il avait permis d'engranger des fortunes, même s'ils ont fini par trouver qu'il devenait un peu trop gourmand.

Le limogeage d'Antoine Zacharias soulève un coin du voile qui camoufle les revenus des grands patrons. D'habitude, les actionnaires et dirigeants des groupes du CAC40 gardent secrets leurs revenus réels, et s'ils en parlent c'est pour se plaindre d'être moins bien payés que leurs homologues anglais, allemands ou américains.

En tout cas, après ce genre de révélation, il faut être gonflé pour affirmer qu'augmenter le smic ruinerait l'économie.

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