"Pétrole contre nourriture"? "Argent contre services divers" plutôt28/10/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/10/une1943.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

"Pétrole contre nourriture"? "Argent contre services divers" plutôt

Deux anciens hauts diplomates français ont été mis en examen pour "trafic d'influence" et "corruption d'agent public étranger". On leur reproche des détournements qui ont accompagné l'opération "pétrole contre nourriture" décidée par l'ONU en 1996.

En 1990 les grandes puissances avaient imposé à l'Irak un embargo qui fut catastrophique pour sa population. Six ans plus tard sous l'égide de l'ONU, un accord était signé pour permettre à l'Irak d'acheter de la nourriture et des médicaments en échange de son pétrole. Cette opération a été l'occasion de multiples malversations où furent mêlés des dirigeants du monde politique ou des affaires et de simples aigrefins.

On retrouve là un mélange sulfureux d'intérêts privés, de rivalité entre grandes puissances, le tout mis en oeuvre par l'action de réseaux douteux.

Parmi les acteurs, il y a bien sûr le trust Total ou encore Dumez, un géant du BTP; un ancien ministre de l'Intérieur et de hauts diplomates, ceux-là même qui, durant plusieurs décennies, ont entretenu des liens privilégiés avec le régime de Saddam Hussein.

Si parfois, aidé par les circonstances, quelque juge obstiné ôte le voile sur des pratiques qui se moquent de la légalité, il n'y a dans ce genre d'affaires, nombreuses et à rebondissements, que l'illustration du fonctionnement très ordinaire du système.

Dans une affaire similaire, à propos d'un prévenu de même profil que ces deux diplomates, un rien plus aventurier, une magistrate s'interrogait de la façon suivante sur la personnalité de l'inculpé: "Un grand serviteur de l'État, comme il le dit, un espion, un mystificateur ou un escroc?". En retirant le point d'interrogation, voilà une description juste de tout ce petit monde et de leurs procédés.

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