SNCF : Dénonciation de l'accord sur l'intéressement21/10/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/10/une1942.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : Dénonciation de l'accord sur l'intéressement

Les fédérations syndicales CGT, SUD Rail, FO, UNSA (autonomes) et FGAAC (agents de conduite) viennent de dénoncer l'accord sur l'intéressement proposé par la direction de l'entreprise. Les syndicats CFDT, CGC et SNCS (cadres supérieurs) se sont, eux, empressés de signer.

Avec cet accord, qui repose sur les résultats de la SNCF pour une période de trois ans, la direction se livre à un chantage: le versement d'une prime de 160 euros au titre de l'année 2004 (soit 27 millions au total), à condition que les syndicats signent l'accord.

En fait, l'accord prévoit l'octroi d'une prime, à la seule condition que les résultats soient bénéficiaires et atteignent ceux prévus lors de l'adoption du budget SNCF. Il faudrait donc que les cheminots acceptent les suppressions d'emplois, le non-remplacement des départs en retraite, la pression sur les salaires et les pensions.

Le direction mène campagne pour l'intéressement, via ses diverses publications, et, dans certains cas, en demandant aux chefs d'y aller de leur force de conviction. Elle s'appuie sur un sondage datant de 2002, qui aurait montré que 74% des cheminots étaient favorables à l'intéressement. Là où ils ont des militants, la CFDT et la CFTC se rangent dans le camp des partisans de l'intéressement, le peignant des plus belles couleurs devant les cheminots et espérant en tirer profit lors des prochaines élections professionnelles, qui doivent se dérouler en mars 2006.

Seulement voilà, si dans certains secteurs, compte tenu du blocage des salaires et des problèmes de fins de mois que connaissent tous les travailleurs, certains cheminots sont prêts à prendre les 160 euros tout de suite, sans voir plus avant les contreparties de l'accord, dans d'autres secteurs, la propagande de la direction et des syndicats signataires marche moins bien.

Certains font remarquer que, si la direction est prête à lâcher 160 euros spontanément, c'est qu'il y anguille sous roche. D'autres disent qu'ils ne font pas la manche et que ces 160 euros sont encore loin des augmentations de salaire dont tous ont besoin. D'autres encore craignent que cette histoire d'intéressement ne cache une marche à grands pas vers la privatisation.

Comme des syndicats ont dénoncé l'accord, Gallois, le président de la SNCF, a décidé de verser les 27 millions d'euros, non aux cheminots, mais à un prétendu programme d'amélioration des conditions de travail. Mais puisque la SNCF se vante d'avoir renoué avec les bénéfices, qu'elle réalise donc l'ensemble du programme d'amélioration des conditions de travail et qu'elle verse, à l'ensemble des salariés, des augmentations de salaire dignes de ce nom!

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