L'état déplorable des prisons : De pire en pire29/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1939.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

L'état déplorable des prisons : De pire en pire

Le responsable aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe vient d'achever une tournée d'inspection européenne par une visite en France de quelques lieux d'incarcération, hôpitaux psychiatriques, centres de rétention, cellules de garde à vue et prisons.

Il a pu constater par exemple les conditions ignobles dans lesquelles sont gardés les étrangers sans papiers, les tracasseries et les humiliations qu'ils subissent dans la zone d'attente de Roissy. Ils doivent effectuer leur demande d'asile "sur un formulaire en français, sans accès à un interprète, sinon payant. Et encore, même ceux qui peuvent payer n'en trouvent pas!"

À propos du dépôt des étrangers installés sous le Palais de justice de Paris, il déclare: "De ma vie, sauf peut-être en Moldavie, je n'ai jamais vu un centre pire que celui-là! C'est affreux! Les gens s'entassent dans un sous-sol sur deux niveaux sans aération. Ils se promènent dans une cour minuscule grillagée de tous côtés..."

Quant aux prisons, il n'a pu que répéter ce qui a été dit et redit ces dernières années, rapport après rapport. Il a constaté, après d'autres, la surpopulation des prisons françaises, et l'état sanitaire déplorable de nombreux prisonniers.

"Dans ces conditions, les gens sortent de là pires qu'ils n'y sont entrés, pleins de haine contre une société qui les a traités de la sorte. L'intérêt collectif commande que la prison rende possible une réinsertion sociale."

C'est une évidence. Mais cela exigerait que les moyens soient donnés pour réaliser cette réinsertion des emprisonnés, pour que les prisonniers bénéficient de conditions d'emprisonnement décentes et des aides sanitaires, d'éducation et de formation professionnelle nécessaires pour préparer leur sortie. Mais il est vrai que moyens d'éducation, formation professionnelle et aides sanitaires n'existent pas non plus de manière satisfaisante pour des milliers de personnes qui n'ont jamais été condamnées ou emprisonnées.

En 2000, il y a quatre ans donc, Véronique Vasseur, médecin-chef à la prison de la Santé à Paris, publiait un livre qui rappelait l'état lamentable des prisons en France. À la suite de ce pavé dans la mare, fut mise en place une commission parlementaire chargée d'enquêter sur la situation du parc carcéral français.

Celle-ci conclut, à l'issue de son travail, que cette situation était "une honte pour la République". Aujourd'hui, pratiquement rien n'a changé, sinon en pire, avec l'accroissement de la vétusté des locaux, amplifiée par l'augmentation de la population carcérale due à la politique-spectacle sécuritaire de Sarkozy.

La France, pays moderne? Elle en reste au Moyen Âge, si on en juge par ses prisons. Mais c'est révélateur.

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