ENCI-PSA - Mulhouse : Une petite victoire qui fait du bien au moral29/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1939.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

ENCI-PSA - Mulhouse : Une petite victoire qui fait du bien au moral

Toute l'équipe de nuit du sous-traitant ENCI du site de Peugeot-Mulhouse s'est mise en grève, le 12 septembre, pour une augmentation de salaire et contre les mauvaises conditions de travail. Le lendemain, elle a été rejointe dans la grève par la quasi-totalité des collègues des deux autres équipes, celle du matin et celle d'après-midi.

Sur l'usine PCA de Mulhouse (12000 salariés), 300 travailleurs d'ENCI sont affectés à des tâches de nettoyage et de rangement. Ils sont répartis dans presque tous les ateliers. Au Montage, ils évacuent, une fois qu'ils sont vides, les conteneurs qui ravitaillent en pièces les ouvriers de la chaîne. En Peinture, ils nettoient les cuves et les robots à la main et souvent avec des produits toxiques. Au Ferrage, ils ramassent à la pelle les résidus et poussières de soudure.

ENCI appartient au groupe Penauille, dont le PDG du même nom est une des grandes fortunes de France. Près de la moitié des travailleurs sont en intérim ou en CDD et les salaires avoisinent 1000 euros net pour des travailleurs en doublage (2 x 8).

La grève n'a duré que deux jours, mais elle a fait du bien au moral de tous. D'abord, il y a eu les défilés joyeusement désordonnés sur les chaînes de montage et en Peinture, chacun y allant de son slogan, les plus jeunes criant avec véhémence leur colère et leur ras-le-bol. Et puis, il fallait voir les cadres Peugeot s'agiter autour des grévistes comme s'ils voulaient empêcher les slogans de contaminer les ouvriers des chaînes.

On ne sait pas si seul ce petit mouvement a suffi, ou si le souvenir de la grève d'ENCI à l'usine Citroën d'Aulnay en juin dernier y est pour quelque chose, mais il n'a pas fallu longtemps pour que la direction fasse des propositions. La première, qui correspondait à quelques euros de plus en prime par mois, fut rejetée aussi sec. La seconde, qui arriva le mercredi par la bouche du DRH, fut plus conséquente: pour chacun cela faisait entre 40 et 100 euros par mois en augmentation de salaire ou en prime. Les grévistes estimèrent que cela était suffisant pour reprendre le travail, car chacun comparait cela à la proposition d'augmentation d'un euro par mois de la direction au mois de juillet.

Dans les ateliers, tout le monde, et en particulier les travailleurs Peugeot, a été surpris que la direction cède aussi vite, et cela fut le sujet de conversation pour les jours suivants. Chacun retenant que 100 euros en plus par mois, même si ce n'était pas le cas pour tous, en deux jours de grève dont un payé, c'était une expérience à renouveler.

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