Discriminations à l'embauche et lois du marché du travail15/09/20052005Journal/medias/journalnumero/images/2005/09/une1937.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Discriminations à l'embauche et lois du marché du travail

Le rapport Fauroux, du nom de l'ancien président du Haut Conseil à l'intégration, vient de relancer le débat sur les moyens de lutter contre la discrimination à l'embauche.

Ce rapport pointe un certain nombre de faits connus, mais qui n'en demeurent pas moins choquants. Il note que "la discrimination vis-à-vis des Maghrébins ou des Noirs, qu'ils soient français ou non, est, dans le domaine de l'emploi, largement et impunément pratiquée". Et il évoque le fait qu'une "candidate d'origine maghrébine, disposant d'un meilleur CV, reçoit, pour un poste de commerciale, trois fois moins de convocations à un entretien que les candidats de référence et d'âge équivalents, "blancs de peau"."

Face à ces manifestations d'un racisme latent, voire assumé, le rapport préconise quelques expédients dérisoires, comme l'emploi du CV anonyme... pour les seules entreprises qui le voudraient bien.

D'autres voix, dont celles du ministre délégué à l'Égalité des chances, Azouz Begag, en ont profité pour se prononcer en faveur d'une "discrimination positive", proposant que les entreprises soient autorisées à effectuer des recensements de leurs salariés selon leur origine.

Cela est actuellement interdit, mais il n'est pas besoin d'être ministre pour savoir que cela se pratique abondamment, qu'il s'agisse d'exclure certaines catégories de travailleurs, ou au contraire de les recruter en priorité.

Les difficultés que rencontre une partie de la population pour trouver un travail ou un logement, en raison de la couleur de sa peau ou de la consonance de son nom, sont révoltantes. Il faut combattre ces préjugés d'un autre âge.

Mais par-delà les problèmes évoqués par le Haut Conseil à l'intégration ou le ministre "à l'Égalité des chances", ce qui détermine l'embauche ou au contraire le refus d'embaucher des travailleurs étrangers ce sont les lois du marché du travail. Lorsqu'ils en éprouvent le besoin, les patrons savent pratiquer une "discrimination positive" en embauchant des travailleurs, tels ces Polonais recrutés autrefois pour travailler dans les mines de charbon du Nord ou, plus près de nous, les Marocains recrutés directement au Maghreb pour se retrouver sur les chaînes des usines d'automobiles en France.

Constater les discriminations, les dénoncer, c'est une chose qui va de soi. Mais à condition de subordonner ce combat à celui de la classe ouvrière dans son ensemble contre ses exploiteurs. Sinon, poser le problème uniquement en termes de "juste" répartition de l'embauche laisse de côté l'essentiel.

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